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W, dernière lettre entrée dans l’alphabet français

vendredi 10 août 2007

Bien que la lettre W eût été utilisée depuis le XVIIe siècle, le W n’était pas encore considéré comme lettre à part entière dans le Dictionnaire de l’Académie française de 1935.


 Question-Réponse

Quelle est la lettre la plus récente de l’alphabet français :
W, X, Y, Z ?

La réponse est : W. Venons-en aux détails :

Notre alphabet n’a d’abord compté que 23 lettres comme l’alphabet latin
(le I s’écrivait j en minuscule. La distinction I/J et i/j n’a été
officialisée que dans la troisième édition du Dictionnaire de l’Académie
(1762). Il en allait de même pour V/u, dont on trouve la trace dans
certaines inscriptions au front des monuments publics (REPVBLIQVE) et
la distinction V/U, v/u).

Le W est « la dernière venue » selon Grevisse et
Goosse, Bon Usage, 13e édition, 1993, § 84, p. 85.

Cette lettre, précisent les mêmes auteurs, servait au Moyen Âge
dans les manuscrits picards, wallons et lorrains, ainsi que dans le
manuscrits anglo-normands.


« Les premières édition du Dictionnaire de l’Académie [française] ne citaient aucun mot en W-, quoique dans l’usage on eût déjà un double V (imprimé souvent au XVIIe siècle Uv) pour les noms propres, notamment germaniques. En 1798 [5e édition du Dictionnaire de l’Académie] et en 1835 [6e édition], les quelques mots en W- prenaient place à la fin de la section consacrée à V.

En 1878, les mots en W- furent isolés, mais la lettre était définie ainsi :


Lettre consonne qui appartient à l’alphabet de plusieurs peuples du Nord et qu’on emploie en français pour écrire un certain nombre de mots
empruntés aux langues de ces peuples, mais sans en faire une lettre de
plus dans notre alphabet.

« Le texte de 1935 [8e édition, qui précède la 9e, en cours] est à peu près semblable, sauf que l’on a supprimé le dernier membre de phrase (mais sans en faire... ») tout en continuant à ne pas considérer le W comme une lettre de l’alphabet français. Ces formules négligent le fait que le W sert aussi à transcrire des noms propres appartenant au domaine linguistique français : noms de personnes comme Watteau, Wace, Wilmotte, noms de lieux comme Wavre, Woëvre, de même que des ethniques comme Wallon. »

Le dictionnaire Le Robert (1964) est le
premier à déclarer que « W est la 23e lettre de l’alphabet. » (Bon
Usage
, ibid.) [1].

Nina Catach [2] expose le même principe (enrichissement au XVIIIe siècle par la double distinction I/J, U/V, puis ajout ultérieur du W comme dernière lettre ajoutée à notre alphabet). Voir le Dictionnaire historique de l’orthographe française, Larousse, coll. Trésors du français.

 Complément

Fin janvier 2010, un correspondant nous précisait :

Dans votre article sur les dernières lettres introduites dans l’alphabet français, je relève une inexactitude. Vous dites :
Le dictionnaire Le Robert (1964) est le premier à déclarer que « W est la 23e lettre de l’alphabet. » (Bon Usage, ibid.) Or je retrouve le W indiqué dans un Larousse de 1951* comme étant la 23e lettre de l’alphabet.

Par contre, chose curieuse, un Larousse de 1947** ne dit pas explicitement la position de la lettre dans l’alphabet - on y retrouve, pour la définition - en partie - le texte déjà utilisé dans l’édition du dictionnaire encyclopédique Larousse de 1900 (Augé). Mais le V y est cité comme la 22e lettre et le X comme la vingt-quatrième... à l’utilisateur de 1947, donc la responsabilité de classer le W comme vingt-troisième lettre !

* Larousse Élémentaire Illustré, dixième édition par Claude et Paul Augé. Dépôt Légal 1948-2e N° 974, un volume.

** Nouveau Petit Larousse illustré, dictionnaire encyclopédique, même auteurs, 1947, un volume.

 W ou le souvenir d’enfance


W ou le souvenir d’enfance est un ouvrage de Georges Perec.


Notes

[1Un lecteur nous signale que tel était déjà le cas dans le Petit Larousse illustré, millésime 1954.

[2Nina Catach fut la grande spécialiste de l’histoire de l’orthographe pendant la seconde moitié du XXe siècle.

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