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Notice : Grevisse et Goosse, « le Bon Usage »

samedi 4 août 2007

Incontournable Grevisse ! Bien plus qu’une grammaire (du reste la meilleure, selon André Gide), c’est le grand roman de la langue française. Depuis la 12e édition (1990), André Goosse assure la continuité de l’oeuvre du maître disparu. La 1re édition remonte à 1936, la 15e a été publiée en 2011 et est disponible en version papier ou électronique (abonnement payant).

Références

GREVISSE (Maurice) et GOOSSE (André), le Bon Usage — Grammaire, langue française, DeBoeck -Duculot, Paris–Louvain-la-Neuve, 15e édition, 2011, ISBN 978-2-8011-1642-5, 1666 p.).

Nature et organisation de l’ouvrage

C’est d’abord une grammaire organisée en parties (elles-mêmes subdivisées en chapitres et sections) comme on peut s’y attendre dans un ouvrage de ce genre. Plus qu’à la table des matières finale, on se réfèrera au très précieux index qui renvoie non aux pages, mais aux numéros de paragraphe, voire à leurs subdivisions. Les renvois d’un paragraphe à l’autre sont également très fréquents.

Le rappel de la règle (ou de la manière dont peuvent l’envisager les grammairiens ou autres érudits, ainsi Littré) est suivi d’exemple tirés des auteurs qui fondent le « bon usage ». L’ouvrage — Maurice Grevisse n’y a jamais manqué — ne se prive pas d’exposer les positions puristes que l’Académie a parfois exprimées de manière péremptoire... et les contre-exemples donnés par les académiciens eux-mêmes. Des remarques, notamment historiques, permettent de donner aux articles un caractère encyclopédique au bon sens du terme.

Publiée quatorze ans après la 13e édition, la dernière livraison offre, pendant une année, la possibilité aux acquéreurs de consulter le /Bon Usage/ en ligne après identification. Assez lourde et pas toujours simple d’emploi, la consultation en ligne offre l’avantage, cependant, de pouvoir accéder au contenu de l’ouvrage sans déplacer l’épais volume avec soi !

Commentaire

Maurice Grevisse (sans accent, comme Clemenceau !) est décédé en 1980, peu après la parution de la 11e édition du Bon Usage. La première édition remontait à 1936.

La diffusion du Bon Usage connut une progression fulgurante quand André Gide, dans le Littéraire, la recommanda comme la meilleure grammaire française.

À compter de la 12e édition (1991), André Goosse (lui-même ancien président du Conseil international de la langue française) assure depuis lors la révision du Bon Usage [1]. On imagine mal d’ailleurs que le Bon Usage pût s’arrêter avec son créateur qui en avait lui-même fait doubler le volume depuis la première édition.


Dans la préface qu’il rédigea pour la 10e édition (1975) du Bon Usage, Hervé Bazin, président de l’Académie Goncourt, n’écrivait-il pas :


« Tout, en effet, concourt à son succès : le bel exemple de cet enfant du peuple, amoureux de sa langue et qui la maîtrisera comme son forgeron de père maîtrisait respectueusement le fer ; une conception nouvelle du rôle de grammairien, préférant le fait à la règle ; une constante remise à jour ; une érudition jamais rêche, jamais sèche, une somme d’exemples, de citations anciennes ou modernes répondant à d’immenses lectures ; et surtout la modernité de l’analyse, jointe au sens de la mesure.

Grevisse n’est ni laxiste ni fixiste. Il constate, explique et trie ; il compare et commente. Contre les grammairiens-gendarmes qui interdisaient, qui s’emparaient de votre bouche pour transformer vos dents en barreaux, il choisit le rôle d’ingénieur du son, d’ingénieur du sens. Contre le magistère, il choisit l’écoute. Il trouve bon qu’une langue parlée par des êtres vivants soit, comme eux, en évolution continue ; que mort et naissance, comme eux, la renouvellent, raniment incessamment ce qui a perdu jeunesse, force et saveur. Il estime qu’il n’y a donc pas de combat de retardement à livrer à l’usage ; qu’il faut seulement admettre, avec Littré, que cet usage, qui exerce une si forte pression, n’est pas toujours intelligent ; qu’il y a lieu de signaler l’impropre, le contradictoire, de mettre l’accent sur ce qui paraît le plus précis, le plus juste, le plus conforme au génie de la langue, donc d’opérer un filtrage pour obtenir en tous courants des eaux claires. »

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Citons les épigraphes des cinq dernières éditions du Bon Usage :

  • « Le bon usage (...) doit être incessamment rajeuni aux sources vives dont il découle directement » (LITTRÉ, dans la Revue des Deux Mondes, 1er juin 1842). [10e édition, 1975]
  • « Le français normal poursuit son cours » (Raymond QUENEAU) [12e édition, 1990]
  • « Mais la grammaire, quel régal ! » CAVANNA, Les Ritals. [13e édition, 1993]
  • « Ceux qui veulent combatre [2] l’usage par la grammaire se moquent. » [14e édition, 2007]
  • « Faire de la grammaire, c’est la décortiquer, regarder comment elle est faite, la voir toute nue en quelque sorte. Et c’est la que c’est merveilleux » (Muriel BARBERY, L’Élégance du hérisson). [15e édition, 2011]

Tout est dit !


Notes

[1Dans l’avertissement de la 13e édition, André Goosse attire l’attention sur le fait qu’ont été signalées, chaque fois que cela convenait, les rectifications orthographiques, à la rédaction desquelles il avait pris part, préconisées par le Conseil supérieur de la langue française et publiées dans le Journal officiel de la République française du 6 décembre 1990, après approbation par l’Académie française. Je rappelle, précisait-il, que les usagers ont le choix entre les nouvelles graphies et les anciennes, ni les unes ni les autres ne pouvant être considérées comme des incorrections ou des fautes.

[2graphie utilisée par Montaigne

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