Ça a commencé en août 1999. Et ça a repris, par épisodes :
en septembre 1999,
en juin 2000,
en septembre de la même année,
en février-mars 2001 (avec un développement parallèle garanti pédagol),
en mai 2001,
en mai 2002,
en juillet-août 2002.
Ce n’est jamais fini. Des propositions ressortent de temps à autre. D’ailleurs, on aura noté des rechutes chez certains contributeurs. Nous avons simplement cessé d’allonger cette page...
Dominique Didier (12.08.1999). — La véritable et seule authentique forme réelle avérée — certifiée Dauzat pur sucre et non allégée — est : aux tempes pour moi. En effet, lorsqu’un officier ou un cadet russe s’était trompé, on constituait un jury d’honneur. Celui-là décidait, comme cela va de soi, de le contraindre au suicide. Le descendant des boyards s’exécutait (dans tous les sens du terme) en s’exclamant : « Aux tempes pour moi ! » Bien entendu, le français en Russie tsariste était la langue usuelle de l’aristocratie, mais cela n’empêchait pas quelques erreurs de syntaxe fort compréhensibles. Voir à ce propos les anecdotes savoureuses et sanguinolentes de Custine aux pages 865, 978, 1354 et 1778 sqq. de son Voyage.
Ce message essaye - tant bien que mal - de tenir compte de l’orthographe rectifiée (Journal officiel de la République française du 6/12/90). Les autres tératographies ne sont imputables qu’à l’inattention, la maladresse, la précipitation, voire l’inculture du scripteur.
Jacques Thiernesse (13.08.1999. —) OTAN pour moi est la version militaire (OTAN pour moi son falzard), tandis que la version littéraire est ôtant pour moi son léger vêtement... [...]
Dominique Didier (16.08.1999) (infatigable) . — Petite charade à tiroir :
Mon premier est enlevé par le Général.
Mon deuxième est enlevé parfois par un général.
Mon troisième n’a pas enlevé un fil, c’est peut-être un général.
Mon quatrième enlève les généralités.
Mon tout est une question sur les généraux que l’on ne peut jamais enlever des fils.
Solution [...]
Mon premier est ôte car Charlotte [2].
Mon deuxième est hampe car empoté.
Mon troisième est our car ouragan.
Mon quatrième est moi car moinillon.
Mon tout est au temps pour moi.
Dominique Didier (19.09.1999). — Il faut dire Ostende pour moi. L’expression remonte à 1697, lorsque Louis XIV dut restituer ses conquêtes aux Pays-Bas. Lors des négociations, on lui avait proposé de conserver la ville d’Ostende et il avait refusé car il n’en avait pas compris le sens. Le roi Soleil laissa échapper cette phrase de dépit. Il avait fait la guerre pour rien.
Daniel-François Carrodano (22.09.1999). — Il y a aussi la variante Ho tend pour moi, en référence au désir manifesté par l’oncle Ho Chi Minh (j’adore ces noms pleins de h) envers une Annamite anonyme.
Dominique Didier (23.09.1999). — Que faites-vous de la plus ancienne attestation de l’expression que l’on retrouve chez Grégoire de Tours dans son Histoire des Francs (un passage qu’Augustin Thierry, l’historien doublement aveugle, a considéré comme interpolé) : Clovis veut prendre lui-même le vase qui contenait l’eau du baptême, l’évêque Remi s’insurge, Clovis doit se soumettre au sacrement et à l’autorité de l’Église. Clovis, dépité, accepte et déclare en reconnaissant son erreur : Oh ! Trempe, ô Rémois !
Bien sûr, son français n’était pas le nôtre, ce qui explique les divergences d’interprétation par la suite ou de prononciation, mais c’est la première attestation d’une phrase française, bien avant les Serments de Strasbourg et je m’étonne que le Schtroumpf ne nous ait pas encore fait part de ce document capital. L’histoire de France et du français commence avec cette phrase.
Luc Bentz (23.09.1999). — J’ose me permettre, avec retard et vous m’en voyez confus, de rectifier une profonde erreur. L’expression véritable est Hortense ! Pour moi ! Il s’agit — vous l’avez deviné — d’Offenbach évoquant « son » Hortense Schneider qui ne voulait plus chanter à une répétition (caprice de diva).
Jacques Rouillard (24.09.1999). — Pas du tout, j’ai déjà expliqué que c’était lors d’une communication téléphonique entre Deferre et Baudis père, à propos de la pluie et du beau temps. Deferre disant : Ici, mistral ! et Baudis répondant : Autan pour moi !
Michel Guillou (24.09.1999). — Vous n’y connaissez rien. Simple réplique de colonel après la bataille s’adressant à ses hommes pour exalter leur fierté. Penchant légèrement la tête de côté, dans une sorte de coup de menton de bas en haut, il leur disait : Haute tempe pour vous, haute tempe pour moi. Il suffisait de demander.
Gérald-Aimé de la Fléchère (24.09.1999). — On ne peut laisser dire n’importe quoi, et restituer l’origine dans son contexte réel, archi-démontré et prouvé : les évènements ont eu lieu en Belgique, où Camille Ruissens et Pierre Jusckklix jouaient aux cartes. Camille Ruissens compta les points à la fin de la partie : Vingt pour toi, octante pour moi. C’est cet octante pour moi qui est passé à la postérité.
Jacques Rouillard (24.09.1999). — Il y a aussi l’explication lubrique, la dame admirative : Oh ! Tant pour moi ? Je connais ça. [3]
Bernard Foncez (24.08.1999). — Rappelez-vous cette chanson enfantine : « Trois jeunes tambours S’en revenaient de guerre... » Le plus jeunet, pouvant assurément se glorifier dans sa chair, mais beaucoup moins dans ses mérangeoises*, était en fait un peu sot et, se paonnant prou de sa fonction, répétait à l’envi : Ô, tambour, moi !
L’auteur de la chanson n’a pas inscrit cette peu glorieuse litanie dans ses paroles qui, par un obscur et détourné chemin, nous est parvenue à peine déformée. On peut supposer qu’elle est restée vivace dans les milieux militaires, ce qui pourrait venir confirmer la version prétendue officielle exposée dans le site de notre faqteur préféré.
* mérangeoises est fort utilisé par Robert Merle dans sa saga Fortune de France.
Franck (24.08.19999) répondait à un élève qui avait écrit au groupe « Je viens d’entrer en 2de et je dois faire un exposé sur la censure des écrits au XVIe siècle, mais dans tous les livres d’histoire un énorme trou se situe au niveau de celui-ci... »
Et c’est précisément dans cet énorme trou que furent jetés les écrits censurés à cette époque : vous voyez qu’avec un peu de logique, tout se recoupe. Notez que, pour d’obscures raisons géographiques que je ne détaillerai point ici, ce précipice fut baptisé le Tampourmoy. Lorsque le comité de censure décidait de condamner un écrit malvenu, il convoquait son auteur qui devait lui-même jeter son livre dans cet abîme en criant Au Tampourmoy ! Je suis persuadé que cette anecdote peu connue vous vaudra l’estime de vos maîtres.
Gérald de la Flechere (8-6-2000). — À la bataille d’Austerlitz, après la levée du brouillard matinal, la charge fut sonnée par tous les tambours de la Grande Armée.
Le deuxième régiment de grenadiers avait quelques centaines de mètres de retard sur les autres unités et devait conquérir une colline, surélevée par rapport au reste du théâtre des opérations. Toute l’unité dut donc courir 20 minutes de plus. Le Tambour du régiment sua abondamment, et moitit son tambour. Son roulement fut dès lors plus diffus.
L’empereur, levant les yeux vers la colline, s’exclama alors : « Haut tambour moite ! »
[septembre<-2000]
Laurent Francheschetti (3-9-2000). — Pour couper court à toutes les explications fumeuses qui risquent de fleurir ici et qui n’ont pas manqué de s’accumuler sur les FAQ, je prends les devants et propose la seule explication sensée.
M. Scherz, chercheur en langues romanes de l’Université de Baggianata (Italie) a découvert que l’origine de cette expression vient d’un été particulièrement malheureux dans l’Ouest de la France, 1454 d’après certaines sources, où une infestation s’était produite de ces affreux insectes appelées les taons. Ceux qui en on fait l’expérience savent combien les morsures de ces sortes de mouches qui se posent sur la peau des hommes et de bêtes pour en extraire le sang sont douloureuses et désagréables.
Les gens d’alors avaient eu recours à un éxpédient : dans les rassemblements de la bonne société en plein air, on avait engagé des hommes du peuple dont la charge exclusive était de pourchasser les taons et les écraser afin de protéger les invités. Ils étaient payés à la pièce, c’est à dire au nombre de taons tués. Un comptable était donc appointé pour suivre le travail des hommes. Il utilisait une grande ardoise sur laquelle il notait le nom des hommes engagés et le nombre de taons tués. La méthode qui avait fini par s’imposer consistait à brandir bien haut la mouche tuée entre le pouce et l’index et crier : Un taon pour moi !, et le comptable notait.
Le souvenir de ces chasses au taon s’est un peu estompé, mais le sens de l’expression a légèrement dérivé pour signifier que il faudrait se mettre au travail, sous-entendu pour se débarrasser des taons (choses désagréables). Les graphies plus récentes, un temps pour moi (obsolète), au temps pour moi et autant pour moi sont des « étymologies populaires », un phénomène connu des linguistes.
Yomgui (4-9-2000). — Dans l’armée, lorsque l’on demandait un volontaire pour la fanfare, les soldats reclamaient le privilege en s’écriant : Au tambour ! moi !
Dominique Didier (24-2-2001). — (répondant à un préopinant qui n’avait pas lu la FAQ). — On vous a menti, on vous a trompé, on vous égaré ! La véritable orthographe est hottant pour moi et aucune autre.
Précisons le contexte : le vignoble champenois, et plus précisément l’abbaye d’Hautvillers, à la fin du XVIIe siècle. Le brave dom Pérignon — l’inventeur du champagne — était un cellerier hors-pair. Il n’avait pas son pareil pour donner son avis sur tout et il se rendait même dans les vignes afin de surveiller le travail des vendangeurs. Malheureusement, il ne savait pas couper les grappes de vigne correctement, il malmenait les ceps et c’est pourquoi les frères lui ont conseillé de s’occuper plutôt de porter la récolte durant les vendanges. Et ils ont sanglé sur ses épaules la hotte destinée à recueillir le raisin. Dom Pérignon, résigné, s’est exclamé : Hottant pour moi !
L’expression a été reprise dans tous les monastères avant de passer dans l’armée par le biais des aumôniers militaires et d’être déformée, puis incomprise. Tous ceux qui prétendent le contraire se moquent du monde.
Thierry Thomas (24-3-2001) . — En vérité, l’orthographe n’a aucune importance, car c’est une expression purement phonétique : il s’agit d’un triple contrepet à carburateur inversé.
Ô prends-moi tout => Au tan pour moi
Harlan Messinger (24-3-2001). — Je recommande que le ministre de [l’éducation] français introduise ce sujet tout de-suite dans le curriculum national à chaque niveau scolaire. La FAQ ne suffit apparemment pas.
Dominique Didier (26-5-2001) (En réponse à une nouvelle interrogation : « D’où vient l’expression au temps pour moi, de plus en plus utilisée ?). — « Au temps pour moi » est une erreur moderne profonde et une interprétation fallacieuse, frauduleuse, une révision de l’Histoire due à l’Église catholique romaine !
Lorsque les Francs envahirent ce qui était encore la Gaule, ils apportèrent aussi leurs dieux. Ainsi l’on sacrifiait à Wotan le guerrier qui s’était montré lâche, qui avait commis une faute ou qui avait été vaincu. Lorsque Clovis retrouva le guerrier qui avait emporté le vase de Soissons, il lui reprocha son uniforme négligé. Tout le monde recopie sottement les propos attribués à Clovis par les moines, mais l’on néglige le témoignage de Trolhowadholl (Trolladus en latin) qui affirme clairement en langue tudesque que ce guerrier s’exclama surtout Wotan pour moi ! car il était demeuré encore païen. L’expression a subsisté malgré la christianisation lorsque l’on commettait une erreur. C’est pourquoi les Dominicains furent chargés par l’inquisition d’élaborer une nouvelle version.
Voir à ce propos :
Claude R. (31-5-2002) (On venait de redemander, sans avoir consulté la FAQ, s’il fallait écrire « au temps » ou « autant pour moi »...). — Aucun des deux bien entendu !
L’origine se trouve chez les féroces pirates qui écumaient la mer caraïbe. On en trouve la preuve dans les livres de DeFoe et notamment Life of Captain Surplouf qui fut traduit en français par l’érudit Marcel Schwob en 1897 dans Le Mercure de France. Voici ce que raconte donc DeFoe :
Le capitaine Surplouf avait la réputation de la plus extrême sévérité parmi tous les corsaires du Roy. Il avait instauré un système unique de châtiment pour tous les hommes qui fautaient, quelle que fût la nature et l’ampleur de l’écart. Seule la durée du châtiment variait. Si un des hommes d’équipage ou un des officiers avait commis une erreur grave, on le suspendait aux haubans par le bout des pouces et cela pour le temps qu’il semblait raisonnable à l’équipage.
Il n’y eut pas d’homme qui n’eût jamais séjourné de la sorte dans les voiles. On avait surnommé, dans toutes les Antilles, les marins de Surplouf comme les « Longs-Pouces » ou « Long Thumbs » et Surplouf était « le Petit Poucet », « Small Thumb ». En effet, il était le seul à ne pas avoir eu à subir cette punition. Mais il advint qu’un jour Surplouf, ayant bu trop de rhum la veille, se trompa lors d’une manœuvre et faillit jeter son brick contre des esquifs. Le péril passé, l’équipage se réunit et avant même que le verdict ne fût rendu, Surplouf s’exclama Haubans pour moi ! signifiant ainsi qu’il était le coupable et qu’il devait être traité comme les autres membres.
Cette phrase devint légendaire parmi tous les flibustiers, elle gagna aussi la Royale [5] et, lorsque le fameux Surplouf, après avoir échappé maintes fois aux cordes anglaises, regagna le commandement d’un navire régulier, elle devint populaire dans la marine même si l’on ne comprenait plus très bien le rapport avec la punition infligée. Il convient en cet endroit d’avertir le lecteur de la suite, le capitaine Surplouf devint amiral et l’âge aidant, ses erreurs se répétant, le rhum plus fréquent, il ne cessait de se tromper et de répéter en bafouillant Haubans pour moi. Il était âgé d’octante-deux ans lors du désastre de Trafalgar où il prononça une dernière fois sa célèbre phrase, mais on assure qu’il était incapable d’articuler correctement les mots. Et le hauban s’était transformé en un mot dénué de tout sens.
Voilà la seule version authentique de ce mot. Il n’en existe pas d’autre, sauf des révisions modernes grotesques qui négligent la vérité des textes littéraires et de puiser aux sources réelles.
Nestor le Pingouin (3-8-2002). — Je me souviens de l’époque où l’on disait encore 0 an pour moi. On prononçait zéro ; c’est un terme d’origine militaire. C’est ce que disaient les exemptés lors du conseil de révision. Par erreur de recopie — une femme qui ne l’avait jamais entendu et l’avait seulement vu écrit&nbps;— 0 an pour moi est devenu malencontreusement Ô an pour moi. Et très vite, on a rajouté le t euphonique, d’où O-t-an pour moi.
Jean Fontaine (6-8-2002) répondait ainsi à un préopînant qui avait commenté l’adresse jfontaine(arobase)druide par « Quelle source ! » : D’où découle un vieux proverbe, apprêté à la sauce falafel [6] : Il faut toujours dire : Fontaine, eau tends pour moi.
L’auteur me signalait cet envoi qu’il avait fait à la liste Typographie en juillet 2002 :
[1] À ne pas confondre avec les étymologies
[2] Charles [de Gaulle] ôte
[3] NDÉ. — Présomptueux, non ?
[4] NDÉ.— Jack Lang, dit Djâck, était alors ministre français de l’Éducation nationale.
[5] Surnom de la marine de guerre française
[6] NDÉ.— dénomination du forum qu’on rencontre chez certains habitués