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Rien (de) moins que

vendredi 25 juillet 2008

En théorie, aujourd’hui, on considère que rien moins que est synonyme de « nullement » et que rien de moins que est l’équivalent de « tout à fait ». Mais, l’usage réel de rien moins que est plus divers... conformément à ce que relevait l’Académie en 1878 encore. Avec sagesse, Grevisse et d’autres recommandent d’« éviter une locution aussi ambiguë ».

Questions & débats (f.l.l.f. en janvier 2000)

Pierre Hallet (14-1-2000).

[Quelqu’un avait écrit :] « Votre intervention me rappelle un mémorable article, en première page (en bas) du New York Times, expliquant dans un style rien moins que condescendant et haineux que les Français étaient de sacrés ploucs de s’accrocher à leur Minitel, et feraient mieux de s’aligner sur le reste du monde (c’est-à-dire : les USA) en balançant ce vieux machin aux orties. »

Rien DE moins que condescendant et haineux, non ?

Luc Bentz (14-1-2000). — Entre rien de moins que (=tout à fait) et rien moins que (=nullement), les confusions, dans l’usage effectif, sont fréquentes. C’est pourquoi il est généralement recommandé d’éviter de les utiliser en raison des confusions auxquelles elles donnent lieu. C’est l’avis de Girodet (Dict. Bordas des diff. de la langue fr.). Quant à Grevisse (B.U., 13e éd., § B, remarque 4, p. 547), il écrit :

« Tous les écrivains soigneux d’aujourd’hui font la distinction, décrète Abel Hermant (Chron. de Lancelot, t. I, p. 561). Il faudrait exclure des écrivains soigneux Hermant et bien d’autres, notamment Littré, qui, lui aussi, contredit la règle qu’il prône [la distinction entre les deux formes]. [...]

« L’Académie n’a adopté la règle qu’en 1935. Jusqu’en 1878, elle disait que rien moins que avait le sens positif ou négatif, selon la circonstance. En effet, plus d’un auteur emploie la locution dans les deux sens, parfois dans le même livre. [suivent de nombreux exemples et Grevisse de conclure :]

« Le plus sage n’est-il pas de suivre l’avis de l’Académie en 1878, celui de Brunot, de Damourette-Pichon, de Dauzat, de Hanse, c’est-à-dire d’éviter une locution aussi aussi ambiguë ? »


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