Manifeste de l'OuGraPo
Peut-on jouer avec la grammaire ? Assurément oui. Même si son but n'était pas le même que le nôtre, Érik Orsenna l'a joliment montré avec La Grammaire est une chanson douce.
Nous explorons une autre voie, cependant, que la description plaisante de la grammaire existante : il s'agit bel et bien, à la manière du « surjonctif » de Queneau, de créer des éléments qui n'existent pas, mais pourraient exister, et dont la rareté ou les subtilités d'emploi expliquent sans doute qu'ils aient échappé à la sagacité des linguistes et grammairiens.
La grammaire renvoie trop souvent à l'idée de quelque chose d'ennuyeux, de rébarbatif, de scolaire dans l'acception la plus bêtifiante du terme. Elle peut cependant être ouverture, prétexte à réflexion ludique sur le fonctionnement de la langue, et loin de nous enserrer dans ses étroits filets, libérer au contraire l'imagination et la créativité pour de passionnants jeux de formes qui valent bien d'autres jeux de mots..
Qui dit Ou-X-Po dit contrainte — et l'OuGraPo ne déroge point à la règle. Il faut que les propositions fassent apparaître des formes grammaticales inconnues, que ces formes mêmes soient justifiées, que leur emploi soit explicité et même que d'utiles citations soient dénichées. Queneau avait donné l'exemple en exhumant sa version de la Cantilène de sainte Eulalie.
L'OuGraPo est né d'échanges sur le forum Usenet fr.lettres.langue.francaise. Il est composé pour l'instant par les fondateurs (les tout premiers ougrapiens qui s'y soient manifestés). Il règlera les questions qui surgiront en définissant, au fur et à mesure, ses règles de Bon Usage.
Les membres de l'Ouvroir de grammaire potentielle
Publier directement, de préférence, les contributions (directes ou indirectes) sur la grammaire potentielle dans le forum Usenet fr.lettres.langue.francaise. Pour toute communication à l'OuGraPo, écrire au site Langue française : le faqteur transmettra !
Échos sur l'Ougrapo
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Il n'y aurait pas d'OuGraPo si nous n'avions pas entendu parler du surjonctif évoqué par Raymond Queneau en 1963. Merci au site www.fatrazie.com/ !
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| Le surjonctif — À tout seigneur, tout honneur. Cette page revient sur les travaux exploratoires de Queneau. On sait qu'il était occupé à de multiples tâches et qu'il n'avait pu approfondir la question : le mal est réparé (ce qui vous permettra au passage de goûter les expressions délicates de Dame Soupière) |
- Ailleurs — En conjugaison relativiste, nous informe Gilles Esposito-Farèse, il faut ajouter aux traditionnels passé, présent et futur l'ailleurs
- Alternances eau/elle — À un nom féminin se terminant par ~elle correspond un nom masculin s'achevant par ~eau, et vice-versa, comme le démontre Alain Zalmanski.
- Conjugaison potentielle — Pierre Hallet trouve que la conjugaison du français fait la part trop belle au passé par rapport au futur, et que le participe est moins bien traité que l'indicatif. Mais il se pourrait que ça allerât changer.
- Contre-auxiliaire — Alain Zalmanski conteste la dictature de certains verbes auxiliaires. Mais ce contre-auxiliaire est plutôt un double auxiliaire utilisé en fonction du contexte sémantique.
- Démonstratifs du lointain — Plus fidèle au latin, l'italien, nous apprend Dominique Didier, dispose d'une plus grande variété de démonstratifs que la langue française. Aussi propose-t-il d'y remédier pour l'expression du lointain, voire du très lointain.
- Impératif futur — Comme son équivalent latin, il sert à donner des ordres dont on attend la réalisation dans le futur. À partir d'échanges dans le forum fr.lettres.langue.francaise, une synthèse et une mise en forme réalisées par Vincent Ramos.
- Mode négatif des verbes — Les verbes, depuis longtemps, ont une forme négative qui s'applique aux temps et modes existants par application (locale) d'un préfixe i (y ou in dans certains cas). Contribution d'Alain Zalmanski à la manière de Grevisse.
- Numéraux — Trop irrégulière, la série dix-sept, dix-huit... ! Au lieu de réformer onze en dix et un, douze en dix-deux, treize en dix-trois, prenons en compte (!) la musique des formes existant jusqu'à seize. Et voyez comment Vincent Ramos et Dominique Didier en sont arrivés à septeize, octoze, noveize (sans compter quinq ou tronze).
- Participe futur — Soulageons ce pauvre participe présent si souvent harassé ! Le participe futur le remplacera lorsqu'il servira à exprimer une idée prenant place dans le futur.
- « Sui », pronom personnel — Se joue le rôle de complément direct ou indirect, alors que le ou la ont lui. Sui offre bien des avantages, selon Pierre Hallet : y compris de régler le problème d'accord (interdit) du participe dans ils se (sui) sont succédé.
- Subjonctif futur — Vincent Ramos en avait besoin. Il n'existait pas : il l'a inventé !
- Surconditionnel — Comment traduire l'irréalité de ce retour dans le passé de deux personnages qui n'existent même pas dans le présent ? Inspiré par le surjonctif de Queneau, Luc Bentz propose d'utiliser le surconditionnel.
- Ze, article définitif — Inspiré par l'exemple de Ze bank, Pierre Hallet suggère d'utiliser ze comme un pronom définitif permettant de signaler ce qui est... la crème de la crème (anglicisme à la française oblige ici).
 Une grammaire très ougrapienne... près de vingt ans avant l'Ougrapo !
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