|
L'essentiel — Questions & débats — Compléments
L'essentiel
Clotilde Chaland est revenue sur l'origine de l'expression « un remède de bonne femme ». Nous avons complété l'échange avec un extrait de Pour tout l'or des mots de Claude Gagnière...
Questions & débats
(f.l.l.f. en octobre 1999)Clotilde Chaland (01.10.1999) -- Il n'y a pas très longtemps, Daniel-François a parlé de remède de bonne femme. Or, j'ai trouvé cette explication :
« Il n'est peut-être pas totalement absurde de supposer qu'un jour quelques cours [d'enseignement médical] puissent s'ouvrir sur les remèdes dits de bonne fame dont les plantes constituent la base thérapeutique la plus sûre.
« C'est intentionnellement que nous écrivons fame et non femme, car l'origine authentique de cette expression vient du latin fama, qui signifie renommée, réputation. Il s'agissait de remèdes réputés et bien connus, qui n'étaient pas l'apanage de quelques bonnes femmes, comme le fait supposer le sens populaire. »
[Fabrice Bardeau, La Pharmacie du Bon Dieu, France Loisirs, 1974]Des maux et des mots....
Le docteur (01.10.1999) -- Très exact. La confusion vient peut-être du fait que certaines femmes connaissaient parfaitement l'antique pharmacopée.
Dominique Didier (01.10.1999) -- Les remèdes de bonne fame sont donc fameux et ne rendent pas famélique, ils ne sont pas faciles ou fadasses, mais ce sont les fadas (les fées) qui veillent et non les fadas (les fous).
Le Greimas [Dictionnaire de l'ancien français, Larousse, collection « Trésors du français »] confirme l'existence du substantif féminin au Moyen Âge. Il faudrait en toute logique dire un « remède bien famé », car le mot n'a rien de diffamatoire pour les femmes. Mais encore une fois, nous avons affaire à un mot dont le sens est complètement inversé, comme tuer (de tutari, protéger) ou aucun (aliquis unus, quelqu'un). Voilà qui fait justice à certaines de mes ancêtres qui eurent affaire avec les grognons du temps. Repentance !
Compléments
J'ai également trouvé ce passage chez Claude Gagnière dans Pour tout l'or des mots (Robert Laffont, collection « Bouquins », Paris, 1996) page 467 (article « Faux, tout faux »). Pour tout l'or des mots est l'assemblage alphabétique de Au bonheur des mots et Des mots et merveilles.
UN REMÈDE DE BONNE FEMME
« Quelle est donc cette bonne femme que ses remèdes ont rendue célèbre : est-elle une pharmacienne ou une émule de Rika Zaraï ? Faux... Tout faux ! Lorsqu'un mot cesse progressivement d'être usité, il lui arrive, parfois, à l'intérieur des expression où il figure, d'être remplacé par un mot de consonance approximative et dont l'usage se satisfait. Le latin employait l'expression bona fama, qui signifie de bonne renommée. Sa traduction en vieux français -- un remède de bonne fâme -- est devenue un remède de bonne femme lorsque l'usage du mot fâme s'est perdu (seuls nous restent encore l'adjectif fameux ou infâme, son contraire, et l'expression mal famé.
Il n'existe pas de remède de bonne femme contre les mauvaises, disait Jules Renard. »
| Haut de page | Accueil du site | Page précédente | Écrire |
| LETTRE D'INFORMATIONS | MENTIONS LÉGALES, COPYRIGHT |