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Final, banal, pénal, idéal : quel pluriel ?


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L'essentiel

Les adjectifs en ~al font normalement leur pluriel en ~aux : normal, normaux ; colossal, colossaux ; etc. Il y a quelques exceptions et des cas particuliers.

Banal a pour pluriel banals dans les situations courantes, mais banaux lorsque le mot concerne une coutume féodale (le moulin banal, les moulins banaux. Il semble que banaux soit aussi employé de façon courante, mais cela risque de faire tiquer... Final donne, au choix, finals ou finaux. Pour pénal et idéal, on applique la règle commune (pénaux, idéaux — même si l'on trouve idéals dans certains cas).

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Questions & débats
(f.l.l.f. en avril 1999)

 Luc Bentz (22.04.1999)  - On connaît l'histoire du directeur de zoo qui écrit à son fournisseur : Envoyez-moi deux chacals. Il se ravise, jette son premier courrier et écrit à nouveau : Envoyez-moi deux chacaux. Finalement, il jette aussi la seconde lettre et écrit : Envoyez-moi un chacal. Il signe et rajoute en-dessous : PS - Envoyez m'en plutôt deux. [Le bon pluriel est « chacals »]

Le doute étreint fortement (parfois) ceux qui doivent utiliser au pluriel les adjectifs banal, final, pénal...

BANAL.- On distingue selon l'emploi. Si le terme est directement lié à la coutume féodale, c'est un pluriel en « aux » (les droits banaux... de moulin, four, chemin...). S'il s'agit du synonyme d'« ordinaire », c'est un pluriel en « als » (des gars tout à fait banals). C'est ce qu'on trouve dans le Bibliorom Larousse (version sur cédérom du Petit Larousse illustré) ou dans Le petit Robert.
Hanse (Nouveau dictionnaire des difficultés du français moderne, 3e éd.) note que, comme synonyme d'ordinaire, « banaux se répand ; beaucoup hésitent à employer le pluriel. » Grevisse (Le bon usage », 13e éd., § 549-c) relève également, que, dans le sens d'ordinaire, l'adjectif, au pluriel, « fait banals ou, un peu moins souvent, banaux ». Les grammairiens sont plus souples que les dictionnaires... pas banal !  ;-)
 
FINAL.- Le Bibliorom Larousse comme Le Petit Robert admettent sans remarque particulier le pluriel en « als » ou en « aux ». Grevisse (ibid.) précise : « Pour final, Hanse ne donnait en 1983 que le pluriel finals ; depuis 1983, il laisse le choix entre finals et finaux ; ce dernier se répand de plus en plus, notamment chez les grammairiens ».
 
PÉNAL.- Les deux dictionnaires cités ainsi que Hanse (ibid.) donnent exclusivement pénaux au pluriel. Grevisse n'en parle pas, qui détaille les exceptions... et nous renvoie donc implicitement à la règle générale.

 Thierry Thomas (26.04.1999)  - Les informaticiens parlent aussi d'utilisateurs finauds (généralement avec une tournure négative)...

 François Campan (27.04.1999)  - En musique également beaucoup hésitent avec tonal et modal. On doit dire « Des accords plus modaux que tonals » Le concerto grosso a eu le bon goût de se développer en pleine période tonale, sinon on aurait eu des concertos grossos modaux.

 Virginie Soleil (27.04.1999)  - [Le doute] m'étreint également quand je dois utiliser le pluriel de l'adjectif « idéal ». D'après Grevisse, ce serait idéaux alors que Le petit Robert donne les deux formes sans distinction.

 Luc Bentz (27.04.1999)  - Dans ce cas, profitez du droit d'option...
 
 Virginie Soleil (27.04.1999)  - Alors je choisis « idéaux », pour réduire le nombre d'exceptions (un ami italien m'ayant fait observer que le français est illogique).

 Luc Bentz (27.04.1999)  - Je reviens sur le propos de Virginie à propos d'« idéal » au pluriel. Voici ce qu'en dit Joseph Hanse (Nouveau dictionnaire des difficultés du français moderne)

« Idéal, n. m. ou adj. Le pluriel "idéaux" tend nettemnt à l'emporter sur "idéals". C'est incontestable pour l'adjectif. Quant au substantif, la distinction faite par l'Académie ("idéaux" employé plutôt dans la langue technique de la philosophie et des mathématiques ; "idéals" dans le langage de la littérature, de la morale et des beaux-arts) ne semble pas respectée par l'usage littéraire ou courant qui emploie "idéals" ou "idéaux" quel que soit le sens, quand il n'évite pas le pluriel. »

Je viens également de relire la 13e édition du Bon usage de Grevisse et Goose (De Boeck & Duculot, 1993). S'agissant de l'adjectif, le cas du pluriel d'« idéal » est mentionné au § 539-c-7 comme ceux pour lesquels il y a encore de l'hésitation, « mais '-aux' semble prévaloir, ce qui est à encourager ». Autres adjectifs signalés dans ce cas : austral, choral, causal, facial, nascal, pascal (certains dictionnaires, prudemment, notant parfois que le pluriel est... inusité). Le cas du nom "idéal" est traité, dans la même édition, au § 504-c. Grevisse y note l'hésitation pour quelques noms. Il relève ainsi le fait que cérémonial n'a point de pluriel pour l'Académie, alors qu'on trouve cérémonials et cérémoniaux. S'agissant d'« idéal », il évoque la position de l'Académie que notait Hanse, mais la conteste : « Cette distinction n'est plus fondée : idéaux se généralise de plus en plus, en particulier chez les écrivains. »

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Compléments

(Pas de compléments)

 

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