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L'essentiel — Questions & débats — Compléments
L'essentiel
Le Bibliorom Larousse nous apprend que sociolinguistique est un nom féminin, relatif à la discipline « qui étudie les relations entre la langue et les facteurs sociaux ». C'est aussi un adjectif (« qui concerne la sociolinguistique »). La charte de fllf inclut la sociolinguistique dans l'objet du forum de discussions « fr.lettres.langue.francaise ». On s'est donc interrogé, en mars 1999 et en janvier 2000 sur pacs et ses dérivés. Pacsera-t-on quelqu'un(e) ou avec quelqu'un(e) ?... Parlera-t-on de régime pacsal (comme il existe des régimes matrimoniaux), de pacsalité ?
Questions & débats
f.l.l.f. en mars 1999
Clément-Noël Douady (20.03.1999) - Le lien nouveau est (bientôt) arrivé, mais comment le nommer ? Que la formule finalement retenue pour désigner en France le statut des couples non mariés soit le Pacs (selon l'Assemblée Nationale) ou le concubinage (selon le Sénat), se pose un problème linguistique pour désigner cette relation, la qualité de celui qui en fait partie, et l'autre membre du couple (comme on dit : Mariage ; je suis marié[e] ; voici mon mari, ma femme - ou mon époux, mon épouse ; le conjoint).
Peut-on imaginer de dire « je suis paxé(e) ; voici mon paxé (ma paxée) ; le paxé » ? Dirait-on sans quelque gêne « mon concubinage ; voici mon concubin (ma concubine [adieu]) ; l'autre concubin ? » Le plus simple serait de parler de couple ; mon couple désigne commodément l'ensemble des deux concubins paxés ; mais on ne peut dire « mon couplé" (ma couplée) ; l'autre couplé ? [accouplé(e)] ». Chers amis linguistes, que je devine prompts demain à critiquer les termes qui risquent d'être retenus, je vous invite donc à chercher dès aujourd'hui ceux qui conviendront. Je vous prends aux mots. ;-))
Clément-Noël
- (marié, mais père de deux enfants vivant en couple non marié, dont l'un m'a déjà donné une petite fille... :-)) et le vieillard fou de dessin.
Philippe Bertran (20.03.1999) - Je vais pacser mon dimanche à y réfléchir.
Bernard Lombart (21.03.1999) réagissait à la phrase « Dirait-on sans quelque gêne "mon concubinage ; voici mon concubin (ma concubine [adieu]) ; l'autre concubin ?" » Pourquoi pas ?
Clément-Noël Douady (21.03.1999) répliquait immédiatement... Il me semble que beaucoup de nos jeunes couples qui reconnaissent une situation administrative de concubinage (pour la location de leur appartement par exemple), n'utilisent pas l'expression dans la vie sociale, mais disent plutôt : mon ami(e), mon compagnon (ma compagne). À l'expression concubin(e) me semble associée une légère valeur péjorative, du fait de son origine (précisément partage du lit, plutôt que partage de la vie), et de la coexistence, au moins dans le passé, d'un statut inférieur de la concubine à côté de celui de l'épouse, au moins dans d'autres civilisations (en Chine ?).
Virginie Soleil (25.03.1999) - Oui. Ce sont les termes « ami » et « compagnon » que je préfère. « Ami » d'une manière générale et « compagnon » quand la précision de vie commune est utile. Par exemple : « Mon ami aime Wagner. », « Mon compagnon fait le repassage (et moi la vaisselle). ». (Sur l'expression « concubine ») Vous avez raison d'évoquer la Chine. Effectivement, quand j'entends le mot « concubin(e) », je pense immanquablement à Vent d'Est, vent d'Ouest de Pearl Buck et au statut inférieur que ce mot implique.
f.l.l.f. en mars 1999
Dominique Didier (03.01.2000) -- Dans les carnets des quotidiens nationaux, les annonces de Pacs sont à présent régulières. L'acronyme Pacs est lui-même rentré dans le langage courant. Combien de temps conservera-t-il sa majuscule ? Néanmoins, on peut lire aussi le verbe (se) pacser très fréquemment.
Mais doit-on dire : Anne et Sophie pacsent, ou Anne et Sophie se pacsent ? Dans le premier cas, il s'agit d'une ellipse pour passer, contracter un Pacs, dans le second un calque de se marier. Si l'on utilise la forme pronominale, il s'agit bien d'un verbe de sens réciproque, comme dans le cas de se fiancer, se marier, Marc et Benoit se sont pacsés (l'un l'autre). L'accord est obligatoire avec les deux compléments.
Pourra-t-on dire, comme dans le cas de se marier, (se) pacser à X et (se) pacser avec X ? Nathalie a pacsé avec Muriel, ou Nathalie a pacsé à Muriel ? De même, estimera-t-on que la tournure intransitive est -- déjà ! -- un archaïsme comme dans le cas où marier est synonyme d'épouser ? Stéphane pacse Luc (Stéphanie marie Luc).
Quel adjectif enfin pour désigner ce régime ? Pacsal, calqué sur matrimonial, marital et nuptial, semble encore le plus évident. Ce qui permettra des dérivés comme pacsalité. Toutefois faudra-t-il parler des régimes pacsaux ou pacsals ? Bref les néologismes posent beaucoup de problèmes de constructions et d'accords. C'était le moins que l'on puisse attendre.
DB (03.01.2000) -- Pour ma part, je préférerais écrire et voir écrire (se) paxer et même le pax. La combinaison cs, bien que présente dans tocsin me semble peu conforme aux habitudes orthographiques du français.
(Dominique Didier : De même, estimera-t-on que la tournure intransitive est -- déjà ! -- un archaïsme comme dans le cas où « marier » est synonyme d'« épouser » ? « Stéphane pacse Luc » (Stéphanie marie Luc).) Pour l'instant, j'ai surtout entendu : Ça y est, on est paxés.
(Dominique Didier : Quel adjectif enfin pour désigner ce régime ? « Pacsal », calqué sur « matrimonial, marital » et « nuptial », semble encore le plus évident.) Est-il nécessaire ? D'abord, il me donne l'impression d'être une faute de frappe pour pascal. De plus, un nom si court a-t-il besoin d'un adjectif correspondant ? Le régime du pax me semble meilleur que le régime pacsal.
- Isabelle Depape-Hamey (03.01.2000) (DB : Pour ma part, je préférerais écrire et voir écrire (se) paxer et même le pax. La combinaison cs, bien que présente dans tocsin me semble peu conforme aux habitudes orthographiques du français.) Bousculons les habitudes !!!
(Dominique Didier : Pourra-t-on dire, comme dans le cas de se marier, (se) pacser à X et (se) pacser avec X ? Nathalie a pacsé avec Muriel, ou Nathalie a pacsé à Muriel ?) Je pense que se pacser (avec) prendra l'avantage sur pacser (avec). Ce qui me chiffonne, c'est que, quelle que soit la forme utilisée, il y aura toujours une ambiguïté : Claude et Dominique (tous deux de sexe masculin) se sont pacsés. Claude et Dominique (toutes deux de sexe féminin) se sont pacsées, mais : Claude et Dominique (l'un de sexe masculin et l'autre de sexe féminin et vice-versa) se sont pacsés. Cette ambiguïté n'existe pas lorsque l'on utilise se marier.
(DB : Pour l'instant, j'ai surtout entendu « ça y est, on est paxés ».) Moi, j'ai surtout lu se sont pacsé(e)s.
(DB : « Le régime du pax » me semble meilleur que « le régime pacsal ».) Lorsque je lis pax, je pense immédiatement à une faute de frappe... Je vote pour le « régime du P(p)acs ».
- Jean-Pierre Lacroux (03.01.2000) -- (DB : La combinaison cs, bien que présente dans tocsin me semble peu conforme aux habitudes orthographiques du français.) Il est vrai qu'il n'y en a pas un pacson (ou pacsif)...
(DB : Est-il nécessaire ? D'abord, il me donne l'impression d'être une faute de frappe pour « pascal ».) Pour peu qu'il y ait une alliance, nous aurons un bel anneau pacsal...
- JLS (03.01.2000) -- Ce qui est dit par DB a propos de pacs me semble valable d'autant que le néologisme (pas si néo que ca d'ailleurs...) fax, issu du latin faC Simile, semble prouver une plus grande productivité du x que du cs (mais il s'agit peut-etre -- encore ! -- d'une influence anglosaxonne indirecte... Cf. les hésitations connexion/connection). Toutefois, quant à écrire PACS sous forme PAX, cela ferait sans doute sourire les latinistes, si l'on songe à la polémique autour de cette question (pax = paix)...
Compléments
Voir aussi les différentes pages du site qui traitent du vocabulaire relatif à la famille (ou plutôt aux familles : traditionnelle, recomposée, pacsée...).
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