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L'essentiel — Questions & débats — Compléments
L'essentiel
L'abus des capitales, traité dans une autre page sur « la majuscule de déférence (ou de courtoisie) » frappe les sigles : ce n'est pas parce qu'un nom se résume en un sigle que, dans sa forme développée, chaque initiale doive prendre la majuscule, tant s'en faut !
Les échanges dans le forum fr.lettres.langue.francaise ont permis de revenir sur ce qu'est un nom propre d'organisme. Nous y ajoutons quelques indications pratiques et références.
Questions & débats
(f.l.l.f. en juillet 1999)(Nous avions évoqué la déclinaison de « SPI » mis pour « département des Sciences pour l'ingénieur »
Marion Gevers (04.07.1999) -- Pourquoi, alors qu'apparemment le sigle SPI est utilisé, les lettres initiales des mots qui composent ce sigle ne reçoivent-elles pas une majuscule lorsqu'on écrit le nom de ce département en toutes lettres ? A moi, cela me semble contradictoire, mais je ne suis plus très au fait de la règle qui s'applique en la matière.
Stéphane Lamek (05.07.1999) -- à qui cela a donné des idées. -- Ce n'est pas parce qu'on abrège en sigle telle et telle expression que celles-ci, écrites au long, doivent prendre des majuscules. À quelques exceptions près, les majuscules sont réservées au noms propres et au dénominations assimilées à des noms propres.
Le sigle représente un nom commun : pas de majuscule aux mots qui le composent. Une H. L. M. est une habitation à loyer modéré, un P.-D. G. est un président-directeur général, le Q. I., le quotient intellectuel, un B. E. P., un brevet d'enseignement professionnel, etc.
Le sigle représente un nom propre : on donne la majuscule au premier nom et, le cas échéant, à l'adjectif qui précède ce nom -- c'est règle de base pour écrire n'importe quelle dénomination considérée comme nom propre. L'A. N. P. E., c'est l'Agence nationale pour l'emploi, l'O. M. S., l'Organisation mondiale de la santé, la J. C. E., la Jeune Chambre économique, etc. (On admet aussi qu'on puisse donner la majuscule au nom des domaines d'activité : Agence nationale pour l'Emploi, Organisation mondiale de la Santé, etc.)
Marion Gevers (06.07.1999) -- Mais donc si je vous comprends bien, vous écririez le département des Sciences humaines, mais des Humaines Sciences ? (je sais, mon exemple est mal choisi, mais c'est le principe qui m'intéresse).
Stéphane Lamek (07.07.1999) -- Les noms des départements d'une université sont-ils vraiment des noms propres ? Personnellement, je ne mettrais aucune majuscule. Mais si vraiment on m'obligeait à en mettre (ou si on me démontrait qu'elles sont nécessaires), c'est comme vous venez de le faire que je le ferais.
Force est de constater qu'on multiplie souvent les majuscules dans les documents administratifs -- à l'imitation de l'anglais ? voire, de l'allemand ? pour mettre de la poudre aux yeux ? Lire le Département Sciences Humaines de l'Université Truc Muche ne semble pas surprendre quiconque aujourd'hui. Il est peut-être simple pour le scripteur de n'avoir pas à se demander où mettre des majuscules et de s'autoriser à les multiplier.
Venant des Universités, des Dispensateurs du Savoir (relayés par certains Journaux), je trouve navrante une telle Ignorance des Règles d'Écriture du Français. Plus encore quand cette Ignorance est doublée d'Entêtement à Rester dans l'Erreur... (Si, si, ça arrive !)
Bernard Lombart (08.09.1999) revenait sur le passage Force est de constater qu'on multiplie souvent les majuscules dans les documents administratifs -- à l'imitation de l'anglais ? De l'américain, pas de l'anglais, je crois. Il est vrai que maintenant, les Anglais imitent aussi les Américains...
Compléments
Les noms d'organismes, sociétés, etc. doivent être considérés comme des noms propres. Le problème est naturellement de savoir où placer la majuscule. Elle s'applique généralement au premier nom significatif et, le cas échéant, à l'adjectif qui le précède. Sans prétendre -- tant s'en faut ! -- épuiser le sujet, voici quelques applications de ce principe général.
On écrira : l'Assemblée nationale (mais la commission des finances de l'Assemblée nationale, le Centre national de la recherche scientifique, le Conseil supérieur de la langue française (c'est un organisme unique, la langue française n'étant pas une administration identifiée ;-)), le ministère (il y en a plusieurs) de la Défense, de l'Éducation nationale (l'administration en question constitue une entité), la Commission européenne, le Bureau international du travail, la Joyeuse Gaule de Lapêche-Auvif (Lapêche-Auvif : nom propre de localité), l'institut Pasteur (mais l'Institut de France, organisme unique), la Société générale (mais la société Tartempion - suffisamment identifiée par le nom propre).
Dans le cas du mot « académie », on mettra la majuscule si c'est un organisme unique (Académie française, des inscriptions et belles-lettres, royale -- Belgique -- de langue et littérature françaises). Mais, en France où il s'agit d'une grande subdivision territoriale (souvent régionale) du ministère de l'Éducation nationale, on conservera la minuscule ; c'est le rattachement qui identifie : l'académie de Paris, l'académie de Rennes.
Si l'on considère, à l'intérieur d'une organisme, que de grandes directions constituent des entités autonomes, on devra écrire : direction de la Recherche, des Services administratifs, du Personnel. Mais on peut tout aussi bien se passer de majuscules dans ce cas.
Quand, dans un article ou un dossier, on utilise pour la première fois un sigle, il est de rigueur de le décliner. On utilise parfois les majuscules dans la déclinaison pour éclairer le lecteur -- OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Économique) --, mais cela n'apporte généralement rien -- OCDE (Organisation de coopération et de développement économique) apparaît tout aussi clair.
On pourra se reporter au site Orthotypographie de Stéphane Lamek ou aux ouvrages suivants pour plus de détail :
- Lexique des règles typographiques en usage à l'Imprimerie nationale, Paris 1990-1997, articles « Enseignement (noms des établissements d') », « Organismes (d'État, internationaux) », « Sociétés ».
- GREVISSE ET GOOSSE, Le bon usage, 13e éd., DeBoeck et Duculot, Paris -- Louvain-la-Neuve (1993) : § 98, b ;
- JOUETTE, Dictionnaire d'orthographe et d'expression écrite, éd. Le Robert (Paris 1993), tableau « Les majuscules dans l'écriture ».
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