|
DOSSIER : LE FRANÇAIS, L'ANGLAIS ET LES AUTRES LANGUES
L'essentiel — Questions & débats — Compléments
L'essentiel
Pierre Hallet avait invité le forum à débattre de la francisation de termes tels que « e-business ». Discussion passionnante qui nous a conduits jusqu'au débat numérique/digital (repris dans une autre page)... en nous informant au passage sur « l'encre électronique ». On constate toutefois que la discussion, si elle s'est révélée intéressante, n'a pas permis de déboucher sur un consensus. Sans doute reprendra-t-elle régulièrement au fur et à mesure que le commerce électronique se développera lui-même ! (Voir aussi le dossier sur le français, l'anglais et les autres langues)
Questions & débats
(f.l.l.f. en janvier 1999)Pierre Hallet (01.01.1999) - On voit dans les journaux anglophones se multiplier des mots comme « e-trade », « e-book », « e-paper » et autres, dans la foulée de « e-mail ». Et on doit s'attendre à une explosion de pareils mots au fur et à mesure que les nouvelles technologies imbiberont le quotidien (on n'en est qu'au début). Il s'agit bien sûr de formes abrégées, « e-mail » permettant de dire « electronic mail » en moins de syllabes.
Oui, mais en français ? IBM a commencé à répandre son idée de « e-commerce », décalque qu'on peut trouver trop servile. La traduction plus conforme au français, « commerce électronique », déborde de syllabes comme l'anglais non abrégé. Comment abréger en restant français ?
Une première idée, inspirée du « courriel » utilisé au Québec, serait celle d'un suffixe « el », et on peut imaginer par exemple :
- commercel = commerce électronique (« e-trade ») ;
- livrel = livre électronique (« e-book ») ;
- encrel = encre électronique (« e-ink ») ;
(ou une variante « iel », mais ce suffixe a pris une connotation bien particulière : si on me parle d'un « commerciel », je penserai à un logiciel commercial et pas à une activité).
Cependant, je ne crois pas trop à cette solution qui crée trop de mots nouveaux, avec à chaque fois les mêmes longues et pénibles discussions qui constituent l'accompagnement obligé de toute nouveauté. Je proposerais la solution de rechange suivante, que m'inspire l'institut parisien « Inalco », plus connu comme « Langues-O » :
- commerce-é = commerce électronique ;
- livre-é = livre électronique ;
- encre-é = encre électronique ;
avec l'argumentation suivante :
- l'idée (avec son économie de syllabes) est la même qu'en anglais (un étranger saisit tout de suite) ;
- ce « -é » est un suffixe lâche (comme « anti- »), qui peut s'appliquer sans effort à tout nouveau mot qui se présentera (« journal-é »...) ;
- comme « anti- », il suffit de l'incorporer une seule fois dans les dictionnaires, sans que chaque emploi individuel doive faire l'objet d'une entrée séparée et donc de discussions et de retards ;
- l'ordre des mots du français est respecté, le nom précédant l'adjectif ;
- enfin, l'accent sur le « e » est bien français, comme une baguette sous le bras du mot :)
Détails complémentaires sur la proposition :
- prononciation : faire une pause avant le « -é » ; ou, si le mot-racine se termine par un « e » muet, le faire retentir (« livreuh-hé » ou « livr'/hé », tous deux distincts de « livré » ou « livrer », tous deux pouvant être utilisés en coexistence) ;
- pluriel : mettre un « s » seulement au mot-racine, donc « livres-é », comme « Langues-O » (pour la prononciation, faire ou non la liaison, à son gré : « livreuh-hé », « livr'/hé » ou « livrezé ») ;
- si un média malotru interdit les accents, y écrire « livre-e » : on continuera à comprendre (mais s'abstenir de prononcer « livre-euh », ambigu).
Eurocordialement,
Pierre HalletM-S Prin (02.01.1999 - À titre personnel, je trouve cette proposition horrible. Je ne vois pas pourquoi les francophones devraient suivre l'affreuse manie américaine de diminuer les noms (les puristes anglophones détestent aussi cela.). Commerce électronique, livre électronique sont des termes beaucoup plus agréables à entendre et à lire. Et l'encre ne peut pas être électronique (sinon cela n'est plus de l'encre.) . Pour vous rassurer, je déteste aussi l'idée d'utiliser les termes commercel et livrel.
Pierre Hallet (03.01.1999) - Je l'ai déjà exprimé ailleurs sur ce forum : je crois que la brièveté de pas mal d'anglicismes fait leur succès. Et j'ai commencé à essayer de quantifier ces succès en comptant les touches (hits) sur Altavista, ce qui peut constituer un indicateur utile (si on se limite aux valeurs relatives et à l'évolution). Ma crainte est qu'en utilisant des formes peut-être plus agréables à entendre et à lire (je ne suis pas loin de partager vos jugements ensthétiques), on finisse par se retrouver bien seul...
« L'encre ne peut pas être électronique (sinon ce n'est plus de l'encre) ».
Métonymie. C'est un équivalent électronique de l'encre, utilisée en lieu et place de l'encre physique. Un peu comme le mot « presse » continue à être utilisé même quand le journal sort d'une imprimante à laser ou à jet d'encre où plus rien n'est « pressé ». Ne vous lancez pas dans ce combat-là, il est déjà perdu ;-)
Philippe Bertran (02.01.1999) - C'est une bonne id-é .
"POURRIEN" (02.01.1999) - Notre accent aigu, comme tous les autres, pose problème. D'autant plus que le e anglais se prononce dans ce cas i. On pourrait donc dire aussi i. Mais à quoi bon ? Et ne serait-il pas bien préférable de soigner nos textes dans notre chère langue si inimitable et intraduisible dans ses nuances ?
Pierre Hallet (03.01.1999) - POURRIEN a écrit : « Ne serait-il pas bien préférable de soigner nos textes dans notre chère langue si inimitable et intraduisible dans ses nuances ? » Certes, mais voyez ma réponse à M-S Prin : nous ne sommes pas seuls (comme disait Spielberg :). Et un danger : à force d'être intraduisibles, on pourrait finir par être intraduits. Et le monde continuera sans nous. (Si, si, c'est très possible, alors autant ne pas trop dire « chiche »...).
Luc Bentz (12.01.1999) répondait au message initial - Pierre Hallet a écrit : « Je proposerais la solution de rechange suivante, que m'inspire l'institut parisien « Inalco », plus connu comme « Langues-O »:
- commerce-é = commerce électronique ;
- livre-é = livre électronique ;
- encre-é = encre électronique ; »
Ça pose un problème d'euphonie (ou plus de hiatus), non ? On aurait évidemment la ressource de revenir au en-ligne, mais dans le cas de livre en-ligne, ça fait pléonastique. Reste à voir aussi si l'utilisation d'électronique ne suffirait pas (e-business ne risque-t-il pas d'être bloqué comme marque déposée d'IBM ?). Commerce électronique se comprend bien (peu importe que le terminal utilisé soit un minitel ou un PC connecté à un site externe par modem). A défaut d'électronique, pourquoi pas simplement numérique...? (Prolongation de ce fil sur le thème numérique / digital)
Pierre Hallet (14.01.1999) reprenait la réponse précédente :
« Reste à voir aussi si l'utilisation d'électronique ne suffirait pas (e-business" ne risque-t-il pas d'être bloqué comme marque déposée d'IBM ?). Commerce électronique se comprend bien (peu importe que le terminal utilisé soit un minitel ou un PC connecté à un site externe par modem). »
Certainement, mais je pressens que la brièveté de « e-quelque chose » favorisera sa diffusion. Le dernier numéro du « Monde Informatique » contient un article intitulé « le pactole des "e-solutions" ». (Et bien sûr les guillemets prophylactiques du titre tombent bien vite dans l'article.) L'orage est encore à l'horizon, mais il arrive. Sortez les parapluies.
« À défaut d'électronique, pourquoi pas simplement numérique"...? »
Peut-être. Mais je crains que ça fasse toujours deux syllabes de trop.Jean-Pierre Lacroux (15.01.1999) - Pierre Hallet (écrivait) : « Peut-être. Mais je crains que ça fasse toujours deux syllabes de trop ». Vrai, mon cher, je vous le dis tout net, la soif de monosyllabisme me scie, je n'en vois ni le but ni le prix. Quelle est sa fin ? Nul ne le sait, car tout ça n'est pas très clair.... Pour qui sont ces mots nains dont vous nous dites le plus grand bien ? Love vaut mieux qu'amour car il est plus court ? Ce monde a-t-il si peu de temps à lui pour qu'il fasse de la hâte sa loi ? Rien ne sert de dire vite, il faut dire comme on pense, vieux truc bien sûr, mais pas tout à fait mort. Non au culte du bref !
DB (15 .01.1999) - Jean-Pierre Lacroux a écrit : « Non au culte du bref ! » Tout à fait d'accord. Je me permets de redire ce que j'avais écrit à Pierre Hallet il y a quelque temps : Le génie de la langue française s'accommode de mots généralement plus longs que l'anglais, et il n'est pas forcément bon de singer l'anglais sur ce point. Tous les traducteurs savent qu'un texte anglais est considérablement plus long qu'un texte français ; c'est ainsi, et peut-être la clarté y gagne-t-elle (non pas directement à cause de la longueur individuelle des mots, il est vrai, mais par la nécessité du français de mettre plus prépositions que l'anglais).
En fait, pourquoi vouloir à tout prix faire court ? Est-ce que les locuteurs du français sont pressés à ce point qu'il leur faut des mots d'une seule syllabe ? Certes, si c'était vrai et aussi simple, cela aurait l'avantage de ramener les débats parlementaires à une plus juste longueur ; l'interminable monologue de Mme Boutin contre le PACS aurait duré quatre heures au lieu de six. Ce serait déjà trop, mais je m'écarte du sujet.
La réalité n'est pas celle-ci. Quand les locuteurs disposent d'un mot court, oui par exemple, ne disent-ils pas plus volontiers tout à fait, assurément, etc.? Quand on peut dire de manière que, pourquoi entend-on presque toujours de manière à ce que ? Quand le passé simple permettait de dire je fus, pourquoi préfère-t-on systématiquement j'ai été ? Tous les discours ne sont-ils pas déjà parsemés de euh ou de n'est-ce pas inutiles ? Ceci prouve que le souci de faire court n'est pas le souci dominant. En fait, que le français ait des mots plus longs que l'anglais ne me paraît pas avoir gêné au cours des siècles les orateurs ou les écrivains, ni empêché les bavards de bavarder. Et si l'on voulait vraiment gagner du temps en parlant (mais qui le veut et pour quoi faire à la place ?) on ferait mieux d'organiser ses idées plutôt que raccourcir les mots.
Pierre Hallet (15 Jan 1999) (à Jean-Pierre Lacroux) :
Cela dit, il s'agissait ici, non de mon goût personnel (je ne fais pas toujours court, comme vous l'aurez déjà remarqué) mais bien d'estimer empiriquement les raisons du succès d'un néologisme. Pour reprendre un exemple que j'ai déjà cité, « télécopieur » vs « fax », j'ai fait l'exercice (peu agréable...) de lire de la première à la dernière les publicités d'une revue. J'ai trouvé des dizaines et des dizaines de « fax » et AUCUN « télécopieur ». Pour les petites annonces où on paye au nombre de signes, le succès de « fax » va de soi, mais pour les publicités on pourrait croire que « télécopieur » aurait gardé ses chances. Ben non. Et j'ai déjà vu cent fois « hub » et zéro fois « plate-forme aéroportuaire ».
Nous pouvons certes disserter à l'infini des mérites respectifs des mots courts et longs... mais pendant que nous parlons, c'est le mot court qui s'impose dans la langue générale. (Le temps ainsi gagné permet de remplacer « oui » par « absolument » ;-).
"alain d." (16.01.1999) - Comment expliquez-vous alors le succès de challenge a à la place de défi ?
Pierre Hallet" (16.01.1999) - Je pense que la brièveté est un élément important, mais qui est loin d'être le seul. Allez démêler pourquoi un mot séduit ! La consonance de challenge peut sembler meilleure que celle de défi, sans que le mot soit plus long, en tout cas en nombre de syllabes (deux partout). Je n'ai certes pas d'explication définitive à la séduction. C'est dommage, d'ailleurs, cela permettrait d'être plus efficace dans la création de mots.
"Alain d."(17.01.1999) - L'emploi constant de challenge (prononcé bien sûr à la française!) est, me semble-t-il, assez récent. De quand date donc Le Défi américain de Jean-Jacques Servan-Schreiber qui fut un succès de son temps ?
Patrick Andries (17.01.1999) - Alain d. écrivit : « Comment expliquez-vous alors le succès de «challenge» a à la place de "défi" ? ». Excellente question, à ajouter au dossier des rallongements par emprunts à l'anglais :
- management pour gestion ;
- alternative pour options ;
- opportunité pour chance / occasion ;
Etc.
Patrick Andries (14.01.1999) - Des mots comme e-commerce peuvent déjà être traduits de quatre manières :
- commerce électronique ;
- commerce virtuel ;
- commerce numérique ;
- cybercommerce.
En faut-il plus ? À mon sens, pas dans le cas où le e- signifie sur Internet. Dans le cas où e- signifie uniquement électronique ou numérique, peut-être serait-il bon de créer un autre préfixe (que je préfère au seul suffixe — malheureusement — disponible -iel). Encriel, livriel ne me plaisent guère et font penser à un logiciel d'encre et de création de livre ou de lecture. Ici, rien de bien convaincant. Bon je me mouille :
- Numé-encre (je sais hiatus).
- Numé-livre.
Carsten Laekamp (15 Jan 1999) :
- commerce-é = commerce électronique ;
- livre-é = livre électronique ;
- encre-é = encre électronique.
Numérique me semble personnellement mieux qu'électronique (encore que commerce numérique risque de renvoyer à des idées différentes) mais les deux solutions sont un peu longuettes. On pourrait penser à un préfixe ordi- (ordilivre, ordicommerce) ou cyber- (évoqué par P. Andries) ou à des solutions moins générales : livréseau, cybercommerce, télébanque,...
Au fait, qu'est donc cette encre électronique ?
Pierre Hallet" (16.01.1999) - SVM (Science & Vie Micro) vient de publier dans son dernier numéro daté janvier 1999 (en librairie aujourd'hui) un excellent article là-dessus (pages 88 à 91). Très brièvement, ce sont des microbilles moitié noires et moitié blanches, noyées dans le page, et qu'un champ électrique idoine fait se tourner du bon côté pour que les côtés noirs dessinent des signes (un peu comme ces stades où à une signal les gens mettent au-dessus de leur tête un carton coloré, l'ensemble formant dessin. Vu du dehors : des lettres se forment et il apparaît une page normale... sauf qu'un geste suffit pour tout effacer, et surtout recharger et afficher autre chose.
Note tardive (2 ans, 9 mois et 22 jours) où l'on reparle de J.-J. S.-S. et qui prouve cependant qu'on peut compter sur les internautes pour ne pas laisser de question en plan...
Peut-être alain d. pensait-il que la question posée par lui le 17 janvier 1999 allait demeurer sans réponse ad vitam æternam. Eh bien non ! Si la communication électronique offre assez souvent l'avantage d'être immédiate, elle permet de donner tardivement une réponse à des interrogations qui, sans être nécessairement angoissantes, restent irritantes quand seul le silence leur fait écho. Merci donc à Stéphane de Becker qui, au terme d'une enquête approfondie — nonobstant un écart de 2 ans 9 mois et 22 jours (je passe sur les minutes et les secondes qui n'ont plus guère d'importance — vient d'éclairer notre lanterne. Il est regrettable à plus d'un titre que le renseignement n'ait pas été publié Express, mais enfin, la tradition familiale est respectée puisque la demande concernant J.-J. S.-S. a reçu un premier écho :
Stéphane de Becker (par courriel, le 8-11-2002) — Il ne sera pas dit — André Zalmansky écrirait : « il sera donc indit » - qu’« Alain d. » passe un troisième Noël tristement assis au coin du feu. Qui sont ceux qui s’en souviennent encore ? Est-il tellement loin de nous, ce jour du 17 janvier 1999, quand « Alain d. » nous interrogeait tous : De quand date donc Le Défi américain de Jean-Jacques Servan-Schreiber qui fut un succès de son temps ?. Et depuis, rien. Le silence. Le silence gêné pour seule réponse à ce cri désespéré : Quand ? Mais quand donc ?
Dans la langue de Shakespeare — je devrais plutôt écrire : dans la langue de l’Oncle Sam — la réponse se décline facilement à plus de trente exemplaires sur la toile, et ce sans aucune fatigue ; elle est unanime : 1967. Cependant, trouver des références incontestables en français s’est avéré plus ardu. Je donne ci-après mes trouvailles.
- Le 7 novembre 2002, sur le site www.abebooks.fr, des librairies d’occasion du monde entier proposaient 47 fois l’ouvrage, dont 39 fois en français. Pour ces derniers, l’année 1967 était largement majoritaire (32). On relevait quelques livres de 1968 ou sans date, mais aucun antérieur à 1967. Et le n°6 pouvait fièrement proclamer : 1967, 1ère édition.
- À la même date, la bibliothèque de l’École normale supérieure de Cachan vous arcueillait (tiens, j’aurais fait une faute) sur son site http://www.bibli.ens-cachan.fr. Un seul exemplaire sous la cote 338(73) SER, datant de 1967.
- Enfin, les sceptiques verront se lever leur derniers doutes en consultant www.livre-rare-book.com : 16 libraires, l’année 1967 plébiscitée 12 fois (renseignements datant du 8 novembre 2002). À noter la présence d’une édition au « Livre de Poche » en 1969 avec une préface inédite.
Et l’éditeur français ? Il s’agit incontestablement des éditions Denoël, dont le site est identique à celui des éditions Gallimard. Comme l’ouvrage ne se trouve plus au catalogue, ne cherchez aucune confirmation sur le site www.denoel.fr ou www.gallimard.fr.
De ce qui précède on peut conclure avec une quasi-certitude que Le Défi américain de Jean-Jacques Servan-Schreiber est paru en 1967.
Commentaire complémentaire de l'éditeur : Cet ajout me donne l'occasion de dire ici que, quelles qu'aient été les aléas de sa vie publique, Jean-Jacques Servan-Schreiber reste le modèle de lieutenant en Algérie qu'on préfèrera au qualifié par erreur pour le 2e tour de l'élection présidentielle française de 2002.
Compléments
Voir aussi « E-commerce ou commerce électronique ? », par Jean-Claude Guédon, professeur à l'université de Montréal (article publié dans La Rerherhce et repris sur le site avec l'aimable autorisation de l'auteur et de l'éditeur).
| Haut de page | Accueil du site | Page précédente | Écrire |
| LETTRE D'INFORMATIONS | MENTIONS LÉGALES, COPYRIGHT |