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L'essentiel — Questions & débats — Compléments
L'essentiel
Le contrepet est l'art de décaler les sons... On en trouve des traces anciennes, notamment chez Rabelais, évoqué dans le débat. Mais d'où vient le mot contrepet lui-même ? Pour la solution, engagez-vous jusqu'à la fin du fil (le perdant devra exposer comment il est conçu).
Questions & débats
(f.l.l.f. en mai 2000)Pickwick (19-5-2000) -- Trente ans que je feuillette, dans le Canard, l'album de la Comtesse... Et je ne connais toujours pas l'origine du vocable contrepèterie Quelqu'un peut-il m'expliquer ? Au passage, la nullité de Larousse, qui parmi des millions de contrepèteries dont quelques milliers de géniales, a choisi comme exemple Sonnez, trompettes. Robert, t'as pas cent balles?
« d. lauper » (19-5-2000) -- Ce n'est pas dans le Canard, l'album de la Comtesse que vous trouverez ... mais dans celui de la Baronne de Charrière.
Bien amicalement.
Je reste muet suite à une panne de micro.Paul Rivaud (20-5-2000) -- Le Robert est plus explicite :
« contrepèterie n. f. • 1582; de l'ancien français contrepéter rendre un son pour un autr. Interversion des lettres ou des syllabes d'un ensemble de mots spécialement choisis, afin d'en obtenir d'autres dont l'assemblage ait également un sens, de préférence burlesque ou grivois. Ex. Femme folle à la messe (Rabelais) pour femme molle à la fesse. »
Josette Boussommier (20-5-2000) -- Étienne Taboutot (1547-1590), dans son livre Bigarrures et touches du seigneur des accords, se fait l'historien de ce jeu de lettres :
« Nos pères ont trouvé une ingénieuse et subtile invention, que les courtisans anciennement appelaient des équivoques, ne voulant pas user du mot et jargon de bons compagnons qui les appelaient des contrepèteries (à l'époque, le verbe contre-petter avait le sens de contrefaire). » (Détails relevés dans « Au bonheur des mots » de Claude Gagnière.)
Clotilde Chaland (21-5-2000) -- Sur le site www.fatrazie.com/art_du_contrepet.htm on peut lire ceci :
Art du Contrepet : le contrepet élevé au rang des Beanx-Arts -- Luc Étienne, inventeur du mot contrepet et Régent de la Chaire de même nom au Collège de pataphysique, semblait avoir épuisé le genre, avec l'aide de la Comtesse M. de la F. et des lecteurs du Canard enchaîné. Le terrain bien labouré et magistralement ensemencé continue à fructifier, toujours avec l'appui volontaire ou involontaire des contrapéteurs (constructeurs) et à la détermination des pétacontreurs, pétatronqueurs et contrepétulents à l'affût de tout ce qui bouge. Quelques spécialistes comme Jacques Antel ou Joël Martin, poursuivent la culture. Le dico de Joël Martin, avec son index insolent et ses sources du bonheur, est un monument incontournable, dont à elles-seules les pages roses sont des très bonnes courses contenant tout sur tout en la matière.
Compléments
Robert historique
Le Robert historique fait remonter contrepèterie aux environs de 1582. L'origine en serait le verbe du moyen français contrepeter (1466 : rendre un son pour un autre) dont la formation donne lieu à des interprétations différentes). Et le dictionnaire poursuit :
« Aux XVIe siècle, le nom savant de la contrepèterie était d'ailleurs antistrophe (du grec "se retourner contre") ; c'est bien ce qu'est la contrepèterie, où l'interversion du deux sons (voyennes ou consonnes), entre deux mots, fransforme le sens d'une phrase, en général, vers l'obscénité et la scatologie (d'où l'interprétation par pet, qui a dû jouer très tôt). [...]
« CONTREPET n. m., dérivé régressif (1947) de contrepèterie, serait à interpréter, selon Guiraud, comme un contrepied. Le mot désigne la technique des contrepèteries. »
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