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PROPOS DE L'ÉDITEUR
Le commerce et son organisation (mondiale) ont tenu une large place dans les médias en novembre et décembre 1999. J'avais évoqué à cette occasion les malheurs de la langue française que d'éminents francophones ont alors délaissée dans une contribution sur l'anglophonie à Seattle. Ce propos est venu, en complément, rappeler l'étymologie du mot.
Commerce est apparu vers 1370, dans son sens actuel, par emprunt au latin commercium, « négoce, lieu où se fait un échange économique, droit de commercer » nous précise le Robert historique de la langue française. Le mot latin dérivait de cum (avec) et merx, mercis (marchandise). C'est par métonymie qu'il a désigné les relations commerciales, par extension que le mot s'est étendu aux relations humaines (XVIe siècle), puis à la manière de ce conduire (avoir commerce avec... à la fin du XVIIe siècle) et même avoir des relations charnelles.
Le Robert historique nous indique que ces sens étendus sont devenus archaïques, surgeons de la langue qui sont sont étiolés. Le développement des échanges a renforcé le sens économique originel du mot et de ses dérivés. Le commerce électronique est peut-être plus pratique et l'on se moque de savoir si le robot qui traite la commande est, lui, d'un commerce agréable. Commercial, dès qu'il s'agit de culture (artistique) a pris un sens péjoratif, mais reste d'une neutralité absolue quand on l'applique, par exemple, au droit ou aux études plus ou moins hautes qui se consacrent à cette branche de l'activité humaine. Selon le Larousse étymologique et historique du français, commercial, apparu en 1749 est « peut-être » emprunté à l'anglais. Rule Britannia ! Bien avant Trafalgar, les flottes anglaises avaient supplanté la marine française. ;–)
Cela nous ramène en tout cas à notre propos. Sur les soixante-huit lignes que le Petit Robert (1996) consacre aux différentes acceptions de commerce, seules six sont consacrées aux relations non commerciales. « Être d'un commerce agréable » est signalé comme « vieilli » et la seule citation donnée (nous avions un commerce intime, sans vivre dans l'intimité) est empruntée à Rousseau qui passera difficilement pour un auteur contemporain. Le fait qu'en anglo-américain le terme commerce ait la même graphie et le même sens, combiné avec l'influence dominante de cette langue dans les domaines du vocabulaire économique et des communications a des incidences indéniables : e~commerce (avec un « e » prononcé « i » à l'anglaise, ou plutôt à l'américaine) se développe. Le sujet a été traité dans le forum f.l.l.f. (voir cette contribution de Pierre Hallet en janvier 1999, à propos de e-business). Mais e-commerce fait sans doute plus branché que commerce électronique... ce qui n'est pas une raison pour renoncer.
Il n'y a pas non plus lieu de renoncer à employer le français dans les relations économiques internationales, qu'elles traitent de commerce ou non, d'ailleurs. Mais nous avons donné le fond de notre pensée sur cette autre page.
(22.12.1999)
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