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« Comme quoi »


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L'essentiel

Et pan sur le bec de l'éditeur, pris en flagrant délire d'hypercorrection ! Comme quoi est parfaitement correct dans le sens de d'où il résulte que, ce qui prouve que : il a même l'onction de l'Académie. Il est vrai que son usage actuel est beaucoup plus large : comme quoi devient, dans la langue familière parlée, synonyme de précisant que ou parce que. Selon ses propres options, on pourra préférer les références savantes... ou San-Antonio. Comme quoi on continuera sans doute à discuter longtemps sur cette locution !

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Questions & débats
(f.l.l.f. en décembre 1999)

 « JP-G-Q-G » (05.12.1999)  -- J'aimerais savoir si l'on peut dire comme quoi dans les différentes situations :
 
- Je pense comme quoi il faut arrêter de dire n'importe quoi.
- Il a raison. Comme quoi, il n'a pas toujours raison !
- Tu as raison, comme quoi!...

Est-ce autorisé dans le vocabulaire familier, ou par une académie ?

 Luc Bentz (06.12.1999)  -- C'est du langage familier. Et, dans les cas analogues à la première phrase (ou je lui ai dit comme quoi c'était pas normal que...), du langage très familier. Dans le dernier cas, on pourrait l'admettre, même dans un texte littéraire, pour rendre compte d'un dialogue. [À propos de Est-ce autorisé dans le vocabulaire familier, ou par une académie ?] L'Académie n'autorise ni n'interdit rien. Par définition et tradition, elle ne se veut (ou ne devrait se vouloir) que gardienne de l'usage sans préjuger de son évolution... ;-)

 « Sainlour » (08.12.1999)  -- A mon humble avis, c'est du très bon français, mais dans vos trois exemples, vous l'employez de travers. Comme quoi signifie en conséquence de quoi. On peut dire : Il a raison, comme quoi il n'est pas fou.

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Compléments

a) Commentaires savants

Maurice Grevisse, le Français correct (Duculot, 1982), § 770 :

« Comme quoi s'emploie familièrement au sens de comment ou de disant que : Prouvez-lui COMME QUOI il se trompe (Ac.).-- Quand Germain raconta COMME QUOI il avait été forcé de ramené la petite Marie (G. Sand).-- Faites-lui un certificat COMME QUOI son état de santé nécessite du repos (Robert) ».

Hanse, Nouveau Dictionnaire des difficultés du français moderne, DeBoeck--Duculot, 3e éd., 1994, article « comme », n°13 :

« Comme quoi est une vieille expression dont il ne faut pas abuser ; après un verbe, dans le sens de que, comment, elle a été classique et littéraire, mais elle est aujourd'hui populaire : Il racontre comme quoi on l'a volé. Après un nom aussi, on fera mieux de l'éviter ; au lieu de un certificat comme quoi, on dira un certificat déclarant que. Mais en tête de phrase l'expression est régulière et signifie ce qui prouve que : Comme quoi on n'est jamais assez prudent. »

Girodet, Dictionnaire Bordas des pièges et difficultés de la langue française, Bordas-Larousse, 1981-1997, article « comme », § V, 9 :

« Comme quoi. Emploi non incorrect en tête de phrase ou de proposition au sens de ce qui prouve que : Il était le dernier de sa classe. il est maintement milliardaire. Comme quoi ce ne sont pas les plsu savants qui deviennent les plus riches ! -- En revanche, on évitera comme quoi pour introduire la proposition développant un nom. Ne pas écrire : Le médecin lui a donné un certificat comme quoi il ne peut pas travailler (mais un certificat attestant qu'il ne peut pas travailler). »

Dictionnaire de l'Académie française, Imprimerie nationale -- Julliard, Paris, 1994, 9e édition, tome I, article « comme », § V (entrée nouvelle par rapport à l'édition de 1932-1935) :

« Loc[utions] fam[ilières] [...] Comme quoi, d'où il résulte que, ce qui prouve que. Comme quoi le crime ne paie pas. Comme quoi tout finit par s'arranger. »

b) Un usage... non académique, correspondant à l'emploi courant familier

Me fais pas toujours chier comme quoi c'est pas français. Je ne suis pas là pour écrire français. Si t'es puriste, relis ta feuille d'impôts, elle, elle est en pur français, garanti académique, pauvre melon ! (Maman, les petits bateaux, cité par le Dictionnaire San-Antonio, Fleuve Noir, 1993, p. 15).

 

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