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L'essentiel — Question-réponse — Compléments
L'essentiel
Dans la langue courante (pas seulement relâchée), et même parfois dans la langue littéraire, c'est, c'était ont pris une valeur de présentatif (comme voilà), même si le nom qui suit est au pluriel : C'est (c'était) les filles du roi est aussi correct que Ce sont (ce furent) les filles du roi...
Question-réponse
Question reçue dans le cadre de S.O.S. questions de français.
Question
C'était les filles du roi ou C'étaient les filles du roi ?
Réponse
Les puristes diront : c'étaient. En fait, c'est (c'était) a de plus en plus la valeur d'un présentatif. Grevisse note (Bon Usage, 10e éd., 1975, § 809, p. 830 et suiv.) que Toutefois, le singulier s'emploie également bien, mais il est beaucoup plus courant dans la langue familière que dans la langue littéraire. Et il donne entre autres exemples chez les bons auteurs :
- « Ce n'ÉTAIT pas des confidences qu'elles murmuraient. »
(Maurice Barrès, académicien français) ;- « Ce n'EST pas des visages, c'EST des masques. »
(Anatole France, académicien français, prix Nobel de littérature) ;- C'ÉTAIT les façons de penser, de dire, du vieux professeur de piano. »
(Marcel Proust, Du côté de chez Swann)... et même...- « C'EST les pédants qui ont raison. »
(Abel Hermant, Xavier, p. 132, académicien français, purpuriste au plus haut point).Vous avez donc le choix. On considèrera C'étaient (les filles du roi) comme plus littéraire sans doute, assurément plus recherché (au sens non péjoratif du mot). Mais dans les écrits courants (je dis bien courants et non pas relâchés), personnels ou professionnels, une construction telle que C'est (les filles du roi) doit être regardée comme correcte, en soulignant qu'elle a été employée en littérature par des auteurs « patentés ».
En revanche, si l'on utilise le passé simple, ce furent (les filles du roi) me paraît s'imposer sous la plume : le choix de ce temps écarte la présentation, l'arrière-plan au profit d'une action marquée précisément, mettant en relief les personnages. Dans les autres cas, comme diraient Chevallier et Laspalès : C'est vous qui voyez ! (Avec nous, vous, c'est toujours... c'est...)
Luc Bentz
Compléments
Pas de compléments.
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