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SOMMAIRE DU DOSSIER | EN 5 MINUTES | AVOIR | ÊTRE | COMMENTAIRE
- L'accord du participe employé avec être
- Les verbes pronominaux (cas général)
- Les verbes pronominaux (cas particuliers)
Règle générale
Le participe passé conjugué avec le verbe « être » s'accorde en genre et en nombre avec le sujet (sauf les verbes impersonnels, quel que soit le sujet réel : « il est tombé des cordes »).
Toutefois, le cas des verbes pronominaux (« Elles se sont lavées », mais « Ils se sont lavé les mains ») fait l'objet de règles particulières.
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Verbes pronominaux : cas général
Les verbes pronominaux sont construits avec « être ». Ils s'accordent avec le sujet, sauf dans deux cas :
- quand il y a un complément d'objet direct. Dans ce cas, on considère qu'« être » est mis pour « avoir » et l'on applique les règles d'accord du participe passé avec « avoir » ;
- quand le pronom réfléchi (se), clairement analysable, est un complément indirect ou d'attribution.
Exemples :
- « Ils se sont battus »
- « Ils se sont lavés » / « ils se sont lavé les mains » (les mains est complément d'objet placé après le participe
- « elle s'est acheté des logiciels. » / « Les logiciels qu'elle s'est achetés. »
- « ils se sont plu, ils se sont nui. » (ils ont plu, nui... à qui ? => construction indirecte)
- « Ils se sont échappés, doutés, aperçus... » (pronom réfléchi non analysable)
- « Ces ordinateurs à 3990 F se sont bien vendus » (pronominal de sens passif : accord systématique)
Pour le reste, on peut transposer les mêmes règles qu'avec « avoir » : variabilité conditionnelle quand le participe est suivi d'un infinitif (mais invariabilité quand il s'agit de « faire ») ; invariabilité lorsque le participe est précédé de « en » complément d'objet direct
Commentaire sur les verbes pronominaux
« Autre cas d'une règle toujours contraignante et souvent respectée, à laquelle il faut sans doute encore se soumettre, mais qui est arbitraire, tardive, contraire à une tendance de l'usage classique et souvent transgressée dans le meilleur usage, même par d'excellents écrivains. Il faut donc souhaiter que, conformément à la logique, à l'histoire de la langue et à certaines tendances de l'usage actuel, on renonce à imposer cette règle et qu'on puisse accorder le participe avec le sujet, puisqu'il est conjugué avec être. »
Joseph HANSE, Nouveau Dictionnaire des Difficultés
du Français moderne (3ème édition, 1994 - pages 647-649)Ce point de vue est soutenu explicitement par Grevisse et Goosse (Le Bon Usage, 13e édition, 1993 : remarques tout à la fin du § 916 - fin du chapitre sur le verbe). Il relève que la règle, mise en place par Malherbe à la fin du XVIIe n'était pas respectée au XVIIIe siècle (il cite Montesquieu, Voltaire, Rousseau, Marivaux même) et qu'au XXe siècle le participe passé est souvent accordé avec le sujet.
Dans la 10e édition (1975), Maurice Grevisse notait déjà (Note 2 du § 796, p. 810) :
« On observe, dans l'usage populaire, et parfois même chez d'excellents auteurs, une tendance instinctive à faire accorder, dans tous les cas, le participe des verbes pronominaux avec le sujet : Elle s'était IMAGINÉE qu'elle allait connaître... (M. PROUST, Du côté de chez Swann [...]). — La France s'est ASSIMILÉE les conquêtes artistiques de la Renaissance italienne (P. GAXOTTE, Hist. des Français [...]) » [Suivent d'autres exemples, tirés notamment de Troyat et Aragon.] [HAUT DE PAGE] — [ACCUEIL DU DOSSIER]
Verbes pronominaux : cas particuliers
Quelques cas particuliers viennent, naturellement, embrouiller la règle ou les variantes à la règle...
« Faire » et « laisser » suivis d'un infinitif
« Faire » et « Laisser » (ce dernier, depuis les rectifications de 1990) sont invariables lorsqu'ils sont suivis d'un infinitif. Josette Rey-Debove et Béatrice Le Beau-Pensa (La réforme de l'orthographe au banc d'essai du Robert, éd. Dictionnaires Le Robert, juillet 1991), si elles témoignent d'une très grande réserve contre tout bouleversement des règles d'accord du participe passé employé avec « avoir » ou dans le cas des verbes pronominaux, regrettaient - dans ce cas particulier - que la règle d'invariabilité lorsque le participe est suivi d'un infinitif n'eût pas été étendue à des verbes tels que voir, entendre, envoyer, croire, penser.
Se rire, se plaire, se déplaire, se complaire
Le participe passé de ces quatre verbes est invariable quand ils sont employés avec le sens qui suit :
- « se rire » : se moquer de...
- « se plaire » : trouver du plaisir à...
- « se déplaire » : ne pas trouver de plaisir à...
- « se complaire » : se délecter de...
S'écrier, se récrier, s'exclamer
Il y a accord avec le sujet même lorsqu'il y a un complément. Ces verbes, nous dit Grevisse (Le Bon Usage, 13e édition, 1993 - § 916 - remarques, 2) « servent à présenter un discours rapporté ». Ce discours rapporté (« elle s'est exclamée que son ordinateur était bon à jeter ») n'a pas le sens « d'un véritable objet. direct ».
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