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L'effondrement des structures de l'ancien français, l'évolution vers le français actuel [...] n'étaient pas achevés au XVIe siècle et ne se sont jamais achevés, écrit Nina Catach qui ajoute : Une des caractéristiques du français est, précisément, qu'il n'a jamais rompu avec le système de l'ancienne langue, tout en connaissant une évolution originale et très rapide sous tous ses aspects, phonétique, morphosyntaxique, lexical. Fait très important sur le plan de notre orthographe, qui a retenu, sur le plan morphologique en particulier, les marques finales anciennes auprès des marques nouvelles nouvelles. (1)
À la Renaissance, il y a encore des français. Une langue écrite plus ou moins élaborée commence à s'opposer à la langue parlée, jouant le rôle tenu jusque là par le latin. Les imprimeurs, dès le premier quart du XVIe siècle, pensent en parlent autant en latin qu'en français, mais il sentent le besoin de doter la langue nationale de l'instrument graphique dont ils ont besoin. Robert Estienne adopte l'accent aigu à la finale (1530), mais refuse à Tory d'aller plus loin (le Champfleury propose dès 1520 l'utilisation de cédilles, apostrophes, accents).
Sans doute le mouvement n'est-il pas uniforme (y compris parce que les typographes « d'avant-garde » sont trop souvent remuants et accusés de protestantisme). Il n'empêche : l'imprimerie et les imprimeurs, avec un souci certain de respect de la tradition, auront permis de moderniser la graphie du français et de rendre possibles les adaptations ultérieures de cette forme écrite qui n'est pas un simple vêtement de l'oral.
La langue française poursuit son évolution : elle adapte donc sa graphie dans le respect de la continuité historique, parce qu'elle est porteuse de mémoire et qu'en étant mémoire d'elle même, de ce qu'elle fut, elle est aussi mémoire de l'histoire. C'est bien cela qui explique — ici plus qu'ailleurs — la vigueur des « batailles orthographiques ». Pourtant, quand on y regarde bien, même avec le prisme très officiel des différentes éditions du Dictionnaire de l'Académie française qui se sont succédé de 1694 à 1992, on mesure bien les évolutions profondes et continues de la manière d'écrire les mots : il y a bien longtemps que la langue des Serments de Strasbourg n'est plus la nôtre, et pourtant c'est
[Le dossier a été réalisé pendant l'été 1999, à l'exception de cette page de conclusion, rédigée en janvier 2002]
ACCUEIL DU DOSSIER — SOMMAIRE GÉNÉRAL
Du gallo-roma(i)n au français — Les Serments de Strasbourg
Des Capétiens à la fin du Moyen Âge —Le francien — Annexe historique
Conclusion — Bibliographie – Glossaire
Notes
- L'Orthographe, p. 24
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