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RéférencesHANSE (Joseph), Nouveau Dictionnaire des difficultés du français moderne, DeBoeck -- Duculot, Louvain-la-Neuve (Belgique), 3e édition (1994) établie d'après les notes de l'auteur avec la collaboration scientifique de Daniel BLAMPAIN, avant-propos à la 3e édition de Ghislaine Hanse et Daniel Blampain, 984 p., ISBN 2-8011-1089-2.
Nature
Dictionnaire des difficultés de la langue française (en annexe, les rectifications orthographiques adoptées par le Conseil supérieur de la langue française en 1990).
Organisation de l'ouvrage
C'est un dictionnaire alphabétique, sans tableaux annexes (la seule annexe est le texte des rectifications orthographiques adoptées par le Conseil supérieur de la langue française et publiées au Journal officiel de la République française du 6 décembre 1990 (« Documents administratifs »).
Commentaire sur la 3e édition (1994)
Affirmons-le d'emblée : qui recherche seulement, en complément à son Larousse ou à son Petit Robert, un dictionnaire des difficultés de type « tout en un » devra se tourner vers d'autres ouvrages, celui de Girodet par exemple. Et pourtant, à nos yeux, le Hanse reste précieux à plus d'un titre et mérite de rester, à porter de main, à côté de son compagnon naturel, le Bon Usage de Grevisse, qu'il ne prétend pas égaler mais dont il constitue un utile auxiliaire ou plutôt un éclaireur plus facile à consulter.
Cela ne signifie pas que le contenu en soit allégé. Certains articles sont développés, enrichis d'éléments historiques et critiques, et notamment l'article sur le participe passé qui à lui seul vaut le détour (ce qui représente quand même deux étoiles dans le Guide Michelin !
Reste enfin l'esprit. Dans la préface à la 1re édition de son Dictionnaire (1983), Joseph Hanse (1) écrivait :
« Jamais je n'ai perdu de vue que celui qui consulte un dictionnaire des difficultés veut y trouver rapidement une solution nette et tranchante ; cela n'empêche pas de lui montrer, quand il y a lieu, que l'usage est toujours plus variable ou plus instable que ne le prétendent la grammaire scolaire traditionnelle ou les puristes.
En 1949, au temps où triomphaient les Ne dites pas... mais dites, j'ai régulièrement et nommément dénoncé certains puristes malfaisants. Il est devenu inutile aujourd'hui de les nommer. Mais il ne l'est pas de continuer à réformer certains jugements non fondés et de définir nettement le bon usage. Celui-ci peut s'établir scientifiquement si on tient compte non seulement des bons linguistes et des meilleurs dictionnaires, mais dans chaque cas du nombre et de la qualité des gens cultivés et des écrivains qui peuvent offrir leur caution dans la mesure où l'on perçoit, et c'est facile, l'importance qu'ils accordent, les uns et les autres, à la correction du langage en général.
Je m'en tiens donc à l'attitude que je m'impose depuis cinquante ans : une information scrupuleuse, une réflexion qui me laisse à distance des laxistes comme des puristes, de l'archaïsme comme du laisser-aller ou du laisser-faire. À maintes reprises, je note que tel usage est vieilli ou rare ou littéraire, que tel autre appartient à un français régional ou au registre familier ou populaire. Je prends soin d'ailleurs de nuancer ces dernières épithètes.
Chacun comprendra que le français familier, celui de la conversation, surtout entre intimes, n'est pas fautif parce qu'il est détendu, mais qu'il se distingue du français soigné, surveillé, imposé souvant par les circonstances dans le langage écrit ou même parfois dans le langage oral. Quant au français populaire, il a lui aussi ses degrés, mais il faut savoir que dans l'ensemble, il se caractérise par la spontanéité, par l'invention et la liberté, par l'absence de tout souci de norme ou de distinction, sans aller d'ailleurs pour cela jusqu'à la vulgarité. »
Hanse ne confond pourtant pas les registres et les niveaux de langue. Il en tient compte, les éclaire et rappelle mieux ainsi sans doute qu'il n'y pas plus de français pur et parfait que de marché pur et parfait, sans toutefois qu'on puisse confondre l'oral et l'écrit, le registre courant et le registre surveillé, voire littéraire. La valeur particulière que prend l'écrit dans les diverses situations de communications, de la lettre familière au mémoire universitaire, ne peut qu'en être renforcée.
Commentaires sur la 4e édition (2000)
par Dominique DidierLa 4e édition du Hanse/Blampain se décline sous forme papier ou en cédérom (Windows ou Macintosh). Ces commentaires reprennent des contributions de Dominique Didier. Elles ont commencé par une intervention dans un débat relatif à l'opposition phonologique in/un qui a de fait disparu en région parisienne, mais s'est maintenue en Belgique ou dans certaines autres régions françaises.
[...] J'étais très heureux d'utiliser ma récente acquisition de la version électronique de Hanse. Las ! Aucune des paires distinctives in-un ne figurait parmi les illustrations sonores, et aucun mot ne comprenait le digramme « un » sauf jeune ou jeûne... Restait un « punch », Hanse écrit qu'il faut prononcer [põsh], et j'entends comme exemples « ponche ou peuntch »... Très clair... C'est un peu mieux avec « jungle » : prononcé [õ) couramment [oe~], et miracle ! les illustrations correspondent.
Un peu auparavant, j'avais regardé l'article sur « à Dieu vat ! ». Hanse dit qu'il faut prononcer le « t », j'écoute les deux douces voix qui se succèdent : pas de « t » !
J'en tire quelques conclusions provisoires :
- les évolutions les plus récentes sont soigneusement tues ;
- les oppositions phonétiques pertinentes sont évitées ;
- la prononciation des mots les plus étranges et les plus rares est privilégiée, on se demande pourquoi ! Qu'apporte la prononciation du « spécaulus » par rapport à celle du kouglof bien plus variable et non présent, ou bien quel est l'intérêt de la « sémasiologie » alors qu'il existe une foultitude de mots comportant un « s » doux entre deux voyelles ?
Bref, je me demande si le lien entre la version papier et la version électronique a été bien mené. Pour en revenir à « un », le sujet a dû paraître trop piégé à l'éditeur... Ou bien les diseurs ne pouvaient plus faire la différence...
Le lancement du cédérom est assez lent. L'ergonomie n'est guère satisfaisante : l'écran est divisé en trois fenêtres que l'on peut agrandir ou réduire, mais à la main. On est obligé d'utiliser la loupe installée pour pouvoir lire des indications abrégées ou des signes conventionnels. La barre de tâches et les liens actifs sont dans une affreuse couleur bordeaux qui rend les indications en petit caractères peu lisibles ; le pire est atteint avec les sommaires de chapitres qui sont en blanc sur cet affreux fond bordeaux.
Après cela fonctionne un peu mieux.
Il est possible de passer par le sommaire ou par un moteur de recherche. Une recherche par thème permet d'accéder au même article par des chemins différents. Ainsi « sur » figure aussi bien dans les régionalismes, les registres de langue, les constructions que la phrase.
Les liens d'un article à l'autre sont multiples, mais ils peuvent être d'ordre aussi bien lexical que grammatical, par exemple vers une conjugaison ou une construction. Chaque article est complété dans une fenêtre inférieure que l'on peut rendre aisément active : cela peut déboucher sur un synonyme ou un homonyme. Il est donc possible de faire une comparaison simultanée sans remonter au sommaire.
La recherche peut être floue si l'on ignore l'orthographe, ou lemmatisée. Il est alors possible d'obtenir toutes les formes fléchies d'un mot ou les expressions comprenant un mot, voire les mots comprenant une notion ou une séquence graphique. Mais cela nécessite l'emploi du manuel car la syntaxe est assez particulière.
Les difficultés réapparaissent lors de l'exportation des données : cela ne peut se faire que mot à mot. Le copier-coller est particulièrement éprouvant : il faut réduire la taille de la police, agrandir la fenêtre, surligner avec peine, puis corriger les erreurs notamment sur les capitales.
Enfin, il n'existe pas d'historique de la recherche et l'on est obligé de rouvrir toutes les pages parcourues pour revenir au point de départ !
En résumé, les liens et les modes de recherche sont assez soignés, mais cela n'offre pas le meilleur confort d'utilisation et on risque de s'énerver du fait d'une relative rigidité des fonctions ou de la lenteur du support. (Ce n'est pas mon micro qui est en cause sur ce dernier point.)
Petit détail sur le contenu : les rectifications orthographiques de 1990 ont été prises en compte.
Dominique Didier
(1) On peut en apprendre plus sur Joseph Hanse (1902-1992), qui fut entre autres le premier président du Conseil supérieur de la langue française de la Communauté française de Belgique mais aussi du Conseil international de la langue française, sur cette page :
www.wallonie-en-ligne.net/1995_Cent_Wallons/Hanse_Joseph.htm. [Revenir au texte]
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