Verbes et dialogue

Si « dit-il », « répondit-il », « répliqua-t-il » vous paraissent trop limités, si vous vous interrogez sur le verbe à la première personne (répondre : « répondis-je », mais pour « répliquer » ?), cette page est pour vous !


 Premières remarques typographiques

Un dialogue « structuré » peut se présenter de la manière suivante (l’italique est simplement destiné à la mise en valeur de certains groupes de mots) :

Dupont déclara : « Il faut attraper Tintin. » Dupond ajouta : « Et le mettre en prison, quoi qu’il nous en coûte. Dupont confirma : « Le devoir avant tout ! »

Mais on le trouvera présenté plus légèrement ainsi :

« Il faut attraper Tintin, déclara Dupont.
— Et le mettre en prison, quoi qu’il nous en coûte, ajouta Dupond.
— Le devoir avant tout ! » confirma Dupont.

On notera que le dialogue est encadré par des guillemets, mais que les changements d’interlocuteur sont marqués par un renvoi à la ligne et un tiret long (tiret cadratin) qu’on peut obtenir sur certains traitements de texte (insertion de caratères spéciaux ou raccourci-clavier spécifique)... et plus encore avec le gestionnaire de clavier de Denis Liégeois.

L’italique, dans les exemples qui précèdent, permet de voir à la fois les déplacements et (dans le deuxième cas) l’inversion sujet-verbe de la proposition incise (déclara Dupont ; dit-il, très souvent).

Dans les publications contemporaines (les éditions de poche notamment), les guillemets disparaissent le plus souvent, au profit d’un premier tiret cadratin :


— Il faut attraper Tintin, déclara Dupont.
— Et le mettre en prison, quoi qu’il nous en coûte, ajouta Dupond.
— Le devoir avant tout ! confirma Dupont.

L’incise confirma Dupont pourrait même disparaître : le dialogue est limité ici à deux personnes qui s’expriment en alternance. En cas de dialogue long, pour savoir qui s’exprime, il existe d’ailleurs des astuces pour indiquer quel est le locuteur : le premier, le second, le jeune homme, le vieillard, le commissaire ou Jules [pour Maigret].

 L’inversion dans les dialogues

Le sujet et le verbe inversés sont séparés du discours par la ponctuation (le plus souvent une virgule, sauf lorsqu’il y a une ponctuation haute («  ! » ou «  ? »). Quand le sujet est un pronom, il est relié au verbe par un trait d’union (pour éviter l’hiatus, on ajoute un t euphonique si nécessaire) :

— L’assassin est le valet de chambre : en êtes-vous bien sûr, monsieur le Commissaire ? demanda le journaliste fûté.
— Ah ! Ah ! fit-il en espagnol [1]
— Vous m’en direz tant ! s’exclama-t-elle.

Dans tous les cas, la ponctuation sert à séparer le propos du locuteur des éléments d’identification de celui-ci ou de « mise en scène » :


— Jamais je n’aurais cru qu’un homme si distingué pût être un infâme escroc, pleurnicha la marquise tout en se reversant un verre de cognac pour se remettre.
— Et pourtant, madame, comment avez-vous pu ne pas remarquer que ce soi-disant auteur de grammaires ignorait l’accord du participe passé ! pesta le commissaire qui profita de la confusion de la marquise pour se resservir aussi.
— Mais, dit-elle dans un soupir, c’est que comptais qu’il me l’apprît. Il avait tant de charme !

 L’inversion à la première personne

La troisième personne (du singulier ou du pluriel) ne pose pas de problèmes particuliers : dit-elle, dirent-ils, déclara-t-il, déclarèrent-elles....

La première personne du singulier peut poser quelques problèmes. Au présent, ce n’est pas déclare-je (plaisamment prononcé [déklarj]), déclaré-je. Ce é doit d’ailleurs se prononcer è et c’est pourquoi le Conseil supérieur de la langue française a proposé en 1990 d’employer cette dernière graphie, non sans résistances. Mais il s’agit ici d’un code graphique employé dans la langue écrite élaborée (romans, récits...).

Au passé simple, les verbes du premier groupe ne posent pas de souci non plus : déclarai-je, chantai-je.

Hormis les verbes courants, il faut être prudent. Où cours-je ?, sauf si vous recherchez un effet comique peut vous faire passer... pour une cucurbitacée vous-même !

 Des verbes pour dialoguer

Les verbes utilisés sont généralement les mêmes. Pour obtenir un peu de variété, voici une liste non exhaustive de verbes susceptibles d’être utilisés :

aboyer crier gazouiller réclamer
acclamer croasser geindre répliquer
appeler déblatérer gémir répondre
babiller déclamer gronder rétorquer
bâiller déclarer gueuler rigoler
balbutier demander hurler rire
barrir dialoguer injurier ronchonner
bavarder dire insulter ronronner
bégayer discourir jacasser s’énerver
blablater discuter marmonner sangloter
braire écrier (s’) miauler siffler
bramer esclaffer (s’) murmurer souffler
cancaner exclamer (s’) parler soupirer
caqueter expliquer piailler susurrer
chanter exprimer pleurer tonner
chuchoter fâcher (se) pleurnicher vanter (se)
converser flatter râler zézayer
      zozoter

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