Résident, résidant ?

Faut-il écrire résident ou résidant ? L’usage a fluctué, mais aujourd’hui (Petit Robert, Académie française), on préfère utiliser :

  • résident pour le nom (un résident de l’immeuble, les résidents d’une maison de retraite) ;
  • résidant pour le participe présent (les personnes résidant au foyer) ou l’adjectif (la ville où elle est résidante l’été).

Question-réponse

Faut-il écrire résident ou résidant ?
J’ai trouvé : « En tant que résidants dans ce pays depuis plus de 10 ans, vous avez la possibilité de demander... ». L’orthographe de résidants m’étonne. Qu’en est-il au juste ?

Il y a eu des variations, mais, entre la graphie privilégiée par la 8e édition du Dictionnaire de l’Académie (1932) et la version actuelle, c’est résident qui l’emporte pour la graphie du nom.

L’Académie française écrit :

On s’accorde à écrire les membres résidants et les membres correspondants d’une académie, et les résidents français au Canada, en Australie. Mais force est de constater que dans d’autres cas, et chez les meilleurs auteurs, l’unanimité n’a pas toujours régné.

Dans la huitième édition de son Dictionnaire, publié en 1935, l’Académie française faisait de Résidant un adjectif ; mais elle ajoutait : [« On écrit aussi Résident ». Elle faisait de Résident un nom mais elle ajoutait : « Il s’emploie aussi adjectivement ».

En 1994, la Commission du Dictionnaire [de l’Académie française], interrogée sur ce point, a constaté que la graphie résident l’emportant décidément, dans l’usage, pour le nom, tout flottement pouvait être éliminé : résidant est un adjectif, résident est un nom. Et aux acceptions anciennes du nom, elle a ajouté celle-ci : « Personne qui habite une résidence, qui vit habituellement dans une résidence ou y est hébergée », avec ces exemples : « Les résidents d’un foyer, d’une maison de retraite. Les résidents de la Cité universitaire de Paris ».

En 2007, cette distinction entre résident, nom, et résidant, adjectif, est considérée par l’Académie française comme entérinée par l’usage.

Dans les expressions médecin résident ou pharmacien résident (celle-ci d’ailleurs, se rencontrant souvent avec le trait d’union), résident doit s’interpréter comme un nom en apposition, et non pas comme un adjectif, au même titre que dans ministre résident : on a toujours dit indifféremment le ministre résident ou le résident.

Voir :
http://www.academie-francaise.fr/langue/questions.html#residant.

Voici ce qu’écrivent Grevisse et Goosse (le Bon Usage, 14e édition, 2007, § 922, b, 5° :

Le Rob[ert] 1985 oppose résident comme nom à résidant comme adjectif. [Le Dictionnaire de l’Académie française, éd. de] 1935 aussi, mais en signalant la var[iante] résident pour l’adjectif.

L’un et l’autre limitent l’application du nom (« dans un pays étranger ») ; l’usage actuel emploie le nom sans cette restriction, parfois avec la graphie résidant (contestée par M. Druon, Le « bon français », p. 182) pour le sens élargi : Les habitants d’Oppède ne s’y reconnaîtront pas. Ni les autochtones ni les résidants (J.-P. Clébert, Vivre en Provence, p. 207). — Les résidants [d’une rue transformée en bourbier] s’étaient acheté des bottes (C. Detrez, Herbe à brûler, p. 81) [...].

Pour l’habitant d’une résidence « immeuble moderne à appartements, généralement luxueux », résident reste préféré. Il est souhaitable, pour le bien des usagers, que l’on sorte de ce désordre en maintenant l’opposition résidant adjectif / résident nom.

C’est en effet plus logique, sur le modèle des dérivés d’adhérer :
les adhérents une association ; les membres adhérant à l’association...

Compléments

  • La 9e édition du Dictionnaire de l’Académie, n’en est rendue, au moment où nous mettons cet article en ligne qu’à « Piécette », mais la position de l’Académie a été clairement exposée plus haut.
  • Girodet, dont nous reprenons les exemples tirés du Bordas des difficultés, fait la distinction entre :
    • résidant participe présent invariable (Résidant à l’étranger) ou adjectif variables (Les hauts-commissaires résidants. Le ministre résidant [1]), et :
    • résident,e, nom masculin ou féminin toujours variable (Le résident général au Maroc. Les résidents italiens en France [2].

P.-S.

(Remerciements à Robert W.)

Notes

[1Sur ce point, il exprime un avis différent de celui de l’Académie. En l’espèce, s’agissant du ministre résident/résident, nous tenons davantage pour le nom en apposition — et donc pour la graphie préconisée par l’Académie. Mais si Girodet, censeur rigoureux des écarts de langage, et l’Académie sont en désaccord, on se gardera bien de condamner de manière véhémente qui écrirait ministre résidant quoi qu’on en ait !

[2Mais, précise-t-il, les Italiens résidant en France, très logiquement dans cet exemple : article+nom+ participe présent invariable suivi d’un complément.

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