Paraître : il A ou il EST paru ?

L’auxiliaire « avoir » est (était) requis par la norme. À y regarder de plus près...

J’oublie toujours la règle, pouvez- vous me la rappeler : dit-on le livre est paru ou a paru ?

PNG - 3.4 ko

Théoriquement a paru (auxiliaire avoir). Girodet indique que l’auxiliaire être est toléré pour indiquer l’état :
Ce livre est paru (= est publié, sous-entendu ou non à telle date ou chez tel éditeur).

Mais en fait, Grevisse et Goose (Bon Usage ? 15e éd., § 813) relèvent les hésitations :

Paraître se conjugue avec avoir. Toutefois, quand il s’agit d’une publication, être, qui a été critiqué, est fréquent : Le Discours sur les sciences et les arts est paru en novembre 1750 (Guéhenno,* dans le Figaro litt[éraire], 18 nov. 1950). — C’est encore le thème d’un romancier dont le premier livre est paru l’an dernier (Druon*, dans les Annales, nov. 1951, p. 49). — Quand sera paru le second tome (Kemp*, dans les Nouv[elles] litt[éraires], 18 déc. 1958). — L’absence d’analyses et de discussions dont l’ouvrage a souffert lorsqu’il est paru (Caillois*, dans le Monde, 28 nov. 1975). — Quand j’ai écrit Huis clos […], L’Être et le Néant était paru, en tout cas sous presse (Sartre, Situations, t. IX, p. 10).

On déguise cela sous la règle suivante (vraie pour des verbes comme finir : il a fini son travail, le travail est fini) :

Certains verbes intransitifs ou pris intransitivement se conjuguent avec avoir quand ils expriment l’action — et avec être quand ils expriment l’état résultant de l’action accomplie. (Bon Usage, même paragraphe.)

Quand on regarde la qualité des exemples cités par Grevisse (quatre académiciens français — dont un ancien secrétaire perpétuel — sur cinq auteurs, le cinquième étant Sartre !)... cela vous laisse souvent le choix !

* Membres de l’Académie française.

Partager

Imprimer cette page (impression du contenu de la page)