Notice : Péchoin et Dauphin, « Larousse des difficultés »

Le Péchoin-Dauphin est un dictionnaire de difficultés pour le français d’aujourd’hui.

Références

Dictionnaire des difficultés du français, PÉCHOIN (Daniel) et DAUPHIN (Bernard), Larousse, 1998-2001, 660 pages, ISBN 2-03-532056-9.

Nature et organisation de l’ouvrage

Dictionnaire des difficultés du français.

Un bref avant-propos (deux pages) donne les orientations des auteurs. Il est suivi par la présentation pratique du dictionnaire, les rectifications orthographiques proposées par le Conseil supérieur de la langue française, la partie alphabétique du dictionnaire des difficultés (le gros morceau) et les annexes habituelles dans ce type d’ouvrage, mais particulièrement soignées ici : ponctuation, grammaire abrégée, tableau des conjugaisons.

Commentaire

Successeur du classique « Thomas », cet ouvrage compte également, parmi ses deux principaux auteurs, un ancien chef correcteur des éditions Larousse. L’avant-propos, non sans avoir rappelé la différence entre le lexicographe mentionnant l’usage tel qu’il est et l’auteur d’un dictionnaire des difficultés attentif à la norme, précise très heureusement :

« On croit communément que répondre à cette question [NDÉ — Est-ce conforme au bon usage ?) est simple : le surmoi grammatical des français est vigoureux et fait bon ménage avec une conception selon laquelle la langue s’ancre dans une sorte d’idéal platonicien auquel on pourrait se référer pour trancher à tout coup du « correct » et de l’« incorrect ». Or, rien n’est changeant comme la norme. [...]

« On voit qu’en l’espace d’une génération seulement le sentiment que nous avons de ce qui peut ou non se dire ou s’écrire s’est modifié : les langues, comme les espèces animales, évoluent [1]. C’est une des conditions de leur survie. Mesuré à l’aune de la « correction » le français n’est à tout prendre qu’une immense faute de latin. [...]

« Pour autant, il n’était pas question de nous dérober aux attentes de nos lecteurs [...]. Aussi le point de vue que nous avons adopté est celui des registres, ou des circonstances de communication : chaque fois que nous a paru nécessaire, la distinction a été faite entre entre ce qui est admis dans l’usage non surveillé ou courant, et ce qui est préférable dans l’expression soignée ou le registre soutenu. »

Il indique également d’emblée — c’est son originalité — les rectifications orthographiques proposées par le Conseil supérieur de la langue française en 1990. Les entrées concernées, si elles font le plus souvent état de la graphie « classique » — qui a d’ailleurs pu être modifiée depuis par l’Académie française —, y renvoient.

L’avant-propos fait d’ailleurs état d’un débat entre les auteurs et l’éditeur a propos de la place à faire aux Rectifications :

« On se rappelle que ce rapport [du Conseil supérieur de la langue française, Journal officiel du 6 décembre 1990] avait, en son temps, déclenché une vive polémique. [...] Tout cela reposait, nous semble-t-il, sur un vaste malentendu : la prétendue réforme de l’orthographe ne visait nullement à contraindre quiconque à écrire en sabir phonétique, comme on aurait pu le croire à entendre ses contempteurs les plus acharnés. Bien plus sagement, elle proposait quelques simplifications de bon sens dont tout usager du français restait libre d’apprécier le bien-fondé et qu’il pouvait, à son choix, faire siennes ou non : l’usage trancherait.

« La polémique étant maintenant apaisée, et les incohérences orthographiques auxquelles le Conseil supérieur de la langue française souhaitait remédier n’ayant pas pour autant disparu, il nous semblait intéressant d’indiquer au lecteur, sous chaque entrée concernée, la rectificaton proposée. Les Éditions Larousse, par souci de cohérence avec l’ensemble de leurs dictionnaires, et notamment avec le plsu connu d’entre eux, le Petit Larousse, ont préféré la formule du renvoi systématique au texte des Rectifications, placé en tête de l’ouvrage. »

Cependant, pour chaque entrée, lorsque plusieurs graphies sont admises par les dictionnaires courants, elles sont toutes mentionnées.

On regrettera que la Grammaire abrégée ne comprenne pas de plan avec un renvoi à la page voulue. On sait cependant que ce n’est pas la partie essentielle d’un dictionnaire des difficultés (les tableaux de conjugaison, eux, sont aisément accessibles en fin de volume). On préfèrera, enfin, l’édition avec une couverture cartonnée rigide, très agréable à lire, à celle au format poche, qui l’est beaucoup moins.

Même si l’ouvrage n’a pas toutes les qualités du Girodet, il n’en demeure pas moins utile. Dans les diverses situations de communication (on n’écrit pas une note interne comme un rapport à un supérieur hiérarchique ou une demande d’embauche), il permet au lecteur de savoir si telle formulation, qu’il peut penser adaptée aux exigences de la vie courante, doit être écartée (et dans ce cas, par quoi la remplacer).

Le Péchoin-Dauphin — et c’est là son grand mérite — est bel est bien un dictionnaire des difficultés du français d’aujourd’hui pour les francophones d’aujourd’hui.

Notes

[1La même idée est exprimée, en d’autres termes, par Victor Hugo.

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