Nenufar - nénuphar - nénufar : histoire d’une boucle

Jusqu’à l’édition de 1932-1935, l’Académie française (on l’ignore souvent) a écrit « nenufar » ou « nénufar ». Retour sur les variations d’un mot souvent évoqué à mauvais escients dans les échanges sur les rectifications orthographiques. Car notre nénufar vient de l’arabo-persan et non du grec (qui était censé justifier le ph par transcription du phi de l’alphabet grec.

  • XIIIe siècle : neuphar, neufar, nenur (emprunt au latin médiéval nenufar (source : Wartburg, par emprunt à l’arabe nenufar, nainufar, ninufar, nilufar)
  • 1549 : absent du Dictionnaire francoislatin de Robert Estienne
  • 1564 (Thierry, rééd. de Robert Estienne) et 1606 (Thresor de Nicot) : nenuphar
  • 1694 et 1718 (Dictionnaire de l’Académie française, 1re éd. et 2e éd.) : nenufar
  • 1740 - 1878 (D. Ac. 3e à 7e éd.) : nénufar (francisation avec l’accent, pour les distraits
  • 1935 (D. Ac., 8e éd.) : nénuphar.

À part ça, prétendent d’aucuns, on a toujours écrit « nénuphar »... même avant que l’accent aigu ne fût présent en milieu de mot... Contrairement à ce qu’ils pensent, la langue n’est pas plus « fixée » que la Terre n’est plate.

Si l’on s’intéresse aux variations orthographiques dans l’histoire de la langue, on peut se reporter aux travaux de Nina Catach et notamment au Dictionnaire historique de l’orthographe française qu’elle a dirigé chez Larousse, à notre connaissance le seul dictionnaire de cette nature à avoir été publié.

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