Millefeuille

On peut trouver le nom composé avec un trait d’union (un mille-feuille) ou agglutiné (un millefeuille), mais il n’y a jamais d’S au singulier (en dépit du feuilletage).

 Question-Réponse

À propos des enchevêtrements de compétences des collectivités locales, je dois écrire « le millefeuille territorial ». J’ai un doute sur ce nom : millefeuille, mille-feuille, mille-feuilles ?

un millefeuilleOn trouve mille[-]feuille avec ou sans trait d’union, mais toujours un mille[-]feuille (sans S), des mille[-]feuilles.

Le plus simple est de s’en tenir à la soudure, qui évitera de se torturer au singulier : un millefeuille peut susciter moins d’interrogation orthographique que la forme marquant la composition avec mille (un mille-feuille). C’est un mouvement naturel de la langue, déjà évoqué pour les composés avec [auto]->art109].

 Compléments

Girodet (Bordas des difficultés) admet les deux graphies. S’il mentionne que la forme avec trait d’union semble la plus fréquente [1], mais en écrivant toujours un mille-feuille, des mille-feuilles. C’est aussi le cas du Trésor de la langue française informatisé qui cite ces deux exemples différents :

  • Je ne veux évidemment pas dire que, quand je choisis entre un millefeuille et un éclair au chocolat, je choisis dans l’angoisse (Sartre, Existent., 1946, p.100).
  • Trois cakes par jour et des monceaux de croissants chauds et des mille-feuilles (Cendrars, Lotiss. ciel, 1949, p.32)

Si le Petit Larousse 1999 s’en tenait à la forme avec trait d’union, le Petit Robert 1993 donne les deux graphies (avec et sans trait d’union), la graphie sans trait d’union (soudée) étant notée en premier. Quant au Grand Robert [2], il donne uniquement la forme soudée pour le gâteau et autorise les deux formes (soudée ou avec trait d’union) pour la plante.

En revanche, le Dictionnaire de l’Académie française (9e édition, 1994[[La 8e édition de 1932-1935 ne connaissait que la plante]) ne connaît, quant à lui, que la graphie soudée (un millefeuille, des millefeuilles).

C’est aussi le cas de Grevisse et Goosse. Le Bon Usage (14e éd., 2007, § 476, b, 1°) ne connaît que la forme soudée. C’était déjà le cas dans la 10e édition de 1975, § 272) :

Millefeuille est masc. quand il désigne un gâteau et fém. quand il désigne une plante.

 « C’est (ce n’est pas) du millefeuille »

Le Grand Robert précise :

Loc[ution] fam[ilière]. C’est (ce n’est pas) du millefeuille : c’est (ce n’est pas) facile. ➙ Gâteau, tarte.
(…) cette festivité m’aiderait sans doute à noircir ma compagne à zéro. Dans l’atmosphère enfumée et raréfiée d’une cave, ça serait du millefeuille. Léo Malet, la Nuit de Saint-Germain-des-Prés.

Voir aussi Bob, autrement dit le dictionnaire de l’argot et du langage populaire et familier.

P.-S.

la millefeuille
La millefeuille (nom de plante féminin, dite aussi Achillée millefeuille) s’écrit toujours de manière soudée.

Notes

[1La plante (la millefeuille) s’écrit toujours de manière soudée.

[2Version numérique, édition 2013.

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