Marronnier (Qu’est-ce qu’un...)

La rentrée scolaire est l’exemple le plus classique de marronnier avec ses variantes : l’entrée des petits à l’école, la première classe d’un jeune maître ou l’ultime rentrée d’un enseignant promis à la retraite la retraite, la mise en oeuvre de la dernière réforme ministérielle...

« Marronnier », en argot de presse, correspond à un sujet qui revient régulièrement, comme jadis la rentrée scolaire, début octobre, au moment où les feuilles de marronniers commençaient à joncher les cours d’école. Ce terme lui-même a donné lieu à quelques échanges sur le forum de discussion fr.lettres.langue.francaise. Certains participants à ce groupe considèrent que « marronnier » peut s’appliquer à n’importe quel sujet revenant régulièrement : ainsi en est-il du débat récurrent sur les majuscules accentuées.

Cette extension est à mon sens abusive : la chute des feuilles est saisonnière. La notion de marronnier est liée à celle de cycle régulier. La rentrée scolaire est l’exemple le plus classique de marronnier avec ses variantes : l’entrée des petits à l’école, la première classe d’un jeune maître ou la dernière rentrée d’un enseignant avant la retraite, la mise en oeuvre de la dernière réforme ministérielle...

C’est avec la même régularité que sont traités fin septembre le projet de budget et ses incidences fiscales, en décembre tout ce qui a trait à Noël, en février ce qui concerne la déclaration des revenus en vue de l’établissement de l’impôt du même nom applicable aux personnes physiques (qui ne sont pas, signalons-le tout de même, immorales pour autant) ou encore, entre le 1er juillet et le 31 août, les mouvements croisés des vacanciers.

Les échanges sur le thème « doit-on ou ne doit-on pas utiliser les majuscules accentuées » ne s’inscrivent pas dans un cycle régulier, même s’ils sont répétitifs. C’est pourtant la discussion ouverte sur la notion même de « marronnier » à leur propos qui m’a donné l’idée de ce site !

Luc Bentz
(octobre 1998)

Sur le vocabulaire de la presse, voir la page www.culture.fr/culture/dglf/clemi/i....

P.-S.

Pour mémoire : ce texte a constitué le premier « propos de l’éditeur » publié sur le site en octobre 1998.

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