La traduction et les traducteurs

L’agence de traduction Cultures Connection [1] nous a proposé un texte sur la traduction pensant qu’il pouvait intéresser nos lecteurs.

On connaît l’adage traduttore, traditore qu’on pourrait traduire/trahir par traître traducteur ! On n’ignore pas davantage les limites des traductions automatiques et les curiosités surprenantes qu’offre au consommateur un mode d’emploi successivement trahi en effet, du mandarin ou du cantonais en anglais, puis de cette approximation en une seconde bouillie langagière censée être du français (ou de l’italien ou de néérlandais ou...).

Jadis ou naguère, Pierre Hallet imagina, pour le forum de discussion Usenet « Langue française » une traduisette magique. Sans doute y arrivera-t-on quelque jour mais, même si la traduction assistée par ordinateur a progressé, l’intervention humaine, au moins dans un cadre professionnel ou littéraire, nécessite une intervention humaine qualifiée et, ajouterons-nous, attentive.

Ainsi nous rappelons-nous que Pierre Vidal-Naquet, dans le quotidien Le Monde daté du 18 janvier 1974, avait évoqué les « bévues de traduction », soulignant que l’anglais Burma était trop souvent repris par calque dans des titres de film ou des articles ou livres historiques alors qu’il s’agit de la Birmanie. Quant au célèbre général Staff, à la nationalité changeante et aux campagnes multiples, il s’agit évidemment de l’« État-Major général » (parfois du « Grand État-Major », selon les appellations d’origine). Cet article est toujours accessible intégralement aux abonnés du Monde depuis la rubrique « archives ». La traduction, pour être aussi exacte que possible, requiert une exigeante rigueur.

Une traductrice nous fait ainsi partager ici ce qui fait l’essence de son métier, de sa mission : dépasser la malédiction de Babel. Faisons-en donc un rapide tour...

Luc Bentz

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La Tour de Babel (Brueghel l’Ancien, 1563)
Un texte proposé par l’agence de traduction « Cultures Connection »


Le métier de la traduction

Sans traduction nous habiterions des provinces voisines avec le silence. Cette citation du spécialiste de la théorie de la traduction George Steiner résume en quelques mots à quel point la traduction s’érige en véritable clé des échanges multilingues.

Les traducteurs jouent aujourd’hui le rôle primordial de bâtisseurs de ponts entre les pays, les économies et les cultures. Mais en quoi consiste exactement ce métier ? Quelles sont les difficultés rencontrées par ces professionnels des langues ? Quels outils ont-ils à leur disposition ?

En quoi consiste la traduction ?

Les traducteurs se chargent de transposer un contenu écrit d’une langue à une autre. Il convient ici de ne pas les confondre avec les interprètes qui, eux, se concentrent uniquement sur la communication orale. Le métier de la traduction exige diverses compétences et connaissances qui s’acquièrent par le biais d’une solide formation et de longues années d’expérience.

Les difficultés liées à la traduction

Vous pensiez qu’être bilingue suffisait à être traducteur ? Détrompez-vous. Maîtriser deux langues à la perfection et être capable de passer de l’une à l’autre sont deux exercices bien distincts. Transposer des contenus d’un univers à un autre exige de connaître sur le bout des doigts non seulement les langues de travail, mais également la dimension socioculturelle liée à ces dernières.

Les traducteurs doivent faire face au quotidien à de nombreux obstacles et, surtout, ils doivent être à même de les surmonter en préservant le sens et les intentions de l’auteur original. Ces difficultés se manifestent sous de nombreuses formes : qu’elles soient de l’ordre lexical, grammatical, sémantique ou encore culturel, elles donnent du fil à retordre aux traducteurs, et nombreux sont ceux qui fulminent la tête entre les mains durant de longues heures avant d’opter pour tel ou tel mot.

Ils rencontrent parfois des termes intraduisibles, inexistants dans la langue et la culture cibles, des termes extrêmement techniques qui requièrent des recherches poussées, des concepts qui ne peuvent être compris par le public visé, ou encore des jeux de mots, des expressions idiomatiques et des notes d’humour qui exigent une incroyable gymnastique d’esprit pour arriver au résultat escompté.

Différentes spécialisations

Dès leurs premiers pas dans la profession, ou parfois au fil des années, les traducteurs choisissent un chemin qui les mènera vers une spécialisation dans un domaine particulier. C’est ainsi que naissent les traducteurs scientifiques, littéraires, médicaux, juridiques, commerciaux, techniques, et bien d’autres encore.

Comme pour de nombreux autres métiers, la traduction se divise en de nombreuses branches et il convient toujours de confier ses contenus au traducteur le plus expérimenté. Vous n’appelleriez pas un serrurier pour une fuite d’eau, n’est-ce pas ? De la même manière, tout document à caractère médical doit être traduit par un expert, spécialisé dans la traduction médicale.

Les outils d’aide à la traduction

Les traducteurs ont à leur disposition de nombreux outils qui les aident dans la réalisation de leur travail. De toute évidence, ils ne sont pas de petits dictionnaires ambulants et ont, eux aussi, besoin d’ouvrir différents ouvrages spécialisés afin de mettre le doigt sur la traduction exacte d’un terme. Pour tout projet de traduction, ils se renseignent, s’informent et effectuent des recherches afin de livrer des résultats de qualité. Soulignons par ailleurs que la plupart d’entre eux utilisent des outils de TAO (traduction assistée par ordinateur), logiciels qui servent à faciliter la tâche des traducteurs, à harmoniser leurs traductions et à accroître la qualité de leur travail ainsi que leur productivité.

Une profession indispensable

Dans un contexte de mondialisation et d’échanges internationaux toujours plus nombreux, les traducteurs représentent le maillon indispensable à la chaîne des relations internationales. Sans eux, la communication s’arrêterait à nos frontières et le partage du savoir et de l’information serait drastiquement réduit. Depuis la nuit des temps et pour longtemps encore, la traduction connecte les communautés à travers le monde et permet ainsi aux informations d’outrepasser les barrières linguistiques.

Lola THANS

Agence de traduction Culture Connection

Notes

[1Si cette agence a un nom « international » (avec donc nolens volens une graphie anglaise), rappelons qu’en français, on écrit bien « connexion » : French Connection, mais connexion française ou, comme l’avait mieux traduit nos amis québécois, la filière française !

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