FAQ du forum f.l.l.f.

Cette « foire aux questions » (FAQ) répond aux questions les plus fréquentes du forum fr.lettres.langue.francaise.


 01. Accentuer les capitales ?

EN UN MOT : « IL EST INTERDIT D’INTERDIRE. »

Tradition scolaire ancienne, liée aux contraintes de l’écriture cursive : « IL NE FAUT PAS accentuer les capitales. » Principe absolu ? Non. On trouve en effet de nombreux ouvrages anciens avec des capitales accentuées (y compris les seules majuscules de phrase lorsque le texte est composé en bas de casse).

Accentuer, quand on écrit en capitales ou autrement, apporte du sens. Faut-il en dire plus ? C’est d’ailleurs la recommandation du Lexique des règles typographiques en usage à l’Imprimerie nationale reprise telle quelle par le site de l’Académie française... et l’opinion très largement majoritaire des participants au forum fr.lettres.langue.francaise.

Pour justifier la non-accentuation des capitales, on argue parfois des complications techniques. On peut choisir d’accentuer ou de ne pas accentuer (il faut alors une attitude cohérente). Soulignons toutefois qu’il existe aujourd’hui des solutions pour accentuer facilement les capitales quel que soit le système d’exploitation utilisé : il n’y a donc aucune raison de s’en priver.

Les utilisateurs de Windows auront tout intérêt à télécharger le gestionnaire de clavier de Denis Liégeois.

Détails et astuces pour l’accentuation :
http://www.langue-fr.net/spip.php?r...

 02. « Au temps pour moi » ou « autant pour moi » ?

EN UN MOT : « LES HAUTS DE HURLE-AU-TEMPS »

Le Français correct de Maurice Grevisse, le Petit Robert » et la plupart des auteurs normatifs (comme Girodet ou Jouette) préconisent « au temps pour moi ».

On évoque fréquemment une origine militaire (« temps » successifs de maniement d’arme, comme on a « au temps pour les crosses »), parfois une origine musicale.

L’expression est utilisée par celui qui, investi de l’autorité (quelle qu’en soit la nature), vient de faire commettre une « fausse manoeuvre collective » et, par extension, par celui qui s’est trompé et s’en rend compte avant les autres.

Néanmoins, d’éminents participants au forum f.l.l.f. revendiquent l’usage de « autant pour moi » (forme elliptique de « c’est autant pour moi »). Grevisse, dans le Bon Usage (10e éd., 1975, § 989, 2, note 1) mentionne les usages de « au temps », mais souligne qu’il peut y avoir doute. Il rappelle qu’André Thérive (Querelles de langage, tome II) estimait que « au temps » pourrait être une orthographe pédantesque pour « autant ».

En outre, Claude Duneton, dans une chronique langagière parue dans le Figaro (18/12/2003), a développé une argumentation en faveur de la graphie « autant pour moi ».

On doit utiliser « autant pour moi » s’il est question d’une même chose ou d’une quantité et non d’une erreur (même si l’on a l’habitude, dans ce dernier cas, d’utiliser « au temps pour moi »).

Quelle que soit leur approche du sujet, les participants à f.l.l.f. n’ont pas manqué de proposer d’autres explications délirantes.

 03. Féminisation des titres et fonctions

EN UN MOT : « FEMME, J’ÉCRIS TON NOM »

La question est encore débattue en France ; elle a reçu une réponse affirmative au Québec et en Belgique. La féminisation des noms de métier n’est plus controversée (postier/postière).

En revanche, l’Académie française conteste la distinction entre, d’une part, la fonction (ministre) et, d’autre part, la personne qui l’occupe... Mais cette position est elle-même... vigoureusement contestée.

On distinguera généralement :

  • un texte à valeur permanente (loi ou décret de portée générale) ainsi libellé : Le Conseil supérieur des Dons et Legs sera présidé par le ministre ou, à défaut, par le remplaçant qu’il désignera (quel que soit l’occupant du poste ministériel) ;
  • un texte (ou un propos) concernant spécifiquement la personne
    occupant le poste. S’il s’agit d’une femme, on rédigera ainsi un courrier ou un article en écrivant la ministre des Dons et Legs.

Détails et liens sur le sujet :

 04. Accord du participe passé avec un auxiliaire

EN UN MOT : « LES EXCEPTIONS QUE J’AI CITÉES SONT NOMBREUSES »

Avant de poser une question sur la justesse d’un accord (ou de l’absence d’accord) du participe passé employé avec un verbe auxiliaire (avoir, être — y compris dans le cas de la forme pronominale), consultez le dossier (exemples et analyse critique des règles) à l’adresse suivante :

Accord du participe passé
(Nombreuses autres pages sur la question accessibles en ligne.)

 05. « M. » OU « Mr » à la place de « Monsieur » ?

EN UN MOT : « LITTRÉ NOUS DONNE UN « R » SUPÉRIEUR ».

On abrège dans certains cas « Monsieur » ou « monsieur » lorsqu’il s’agit du titre de civilité (« M. Martin »), mais jamais lorsque c’est le nom commun (« le monsieur qui est venu ; c’est un monsieur »).

L’usage typographique est d’écrire M.pour Monsieur. Toutefois, l’abréviation Mr » est attestée dans le dictionnaire de Ménage (1694) et mentionnée à l’article « abréviation » du Littré. Le r de Mr doit être mis en exposant. Le pluriel de Mr est Mrs. Celui de M. est MM.. (Ces abréviations commencent toujours par une majuscule.)

Certains, toutefois, continuent à voir dans « Mr » un anglicisme, nonobstant les attestations précitées. D’autres considèrent qu’un choix existe entre deux variantes : Mr (qui exclut tout point abréviatif) ; M. (avec point abréviatif).

Détails :

 06. Euro et zone euro

EN UN MOT : « UN EURO, DES EUROS »

Il faut utiliser « zone euro » et non « euroland » (avec ou sans majuscule, avec ou sans « e » terminal).

En français, nonobstant la présentation des billets de banque (unifiée pour l’ensemble des pays de la zone euro), euro prend un pluriel en « s ». En France, la subdivision de l’euro et dénommé centime (article L.111-1 du Code monétaire et financier).

Détails :

 07. Quel est le nom des signes « @ » et « & » ?

EN UN MOT : ARROBE ET ESPERLUETTE

Il ne faut pas confondre le nom de ces signes et la manière dont on les prononce. Ainsi, le signe y a pour nom i grec, mais n’est jamais prononcé ou lu i grec dans un mot.

  • 07.1. L’ARROBE (« @ »)

« @ » a pour nom « arrobe » (nom féminin). On trouve également « arobe ». Ce sont les deux entrées, dans cet ordre, du Petit Robert et du Petit Larousse. On trouve aussi « arobas », « arobase », voire « a commercial » (l’origine « a rond bas de casse » est vivement contestée).

Certaines sources font remonter « @ » à une abréviation du latin ad (à, chez). Dans une adresse électronique, les Anglo-Saxons le lisent logiquement at (=chez)... En français, il est tout aussi logique de le lire « chez ». On lira ainsi l’adresse toto@fournisseur.net : « toto chez fournisseur point net ».

  • 07.2. L’ESPERLUETTE (« & »)

« & » a pour nom esperluette (nom féminin). Ce signe est parfois dénommé et commercial. Il se lit ou se prononce et. On trouve parfois « esperluète » voire « perluette » ou « perluète », etc.

Détails :

 08. Adresse électronique (Courriel, E-mail, etc.)

EN UN MOT : « L’ÉMAIL AU DENTSTE, LE MAIL AU PROMENEUR ! LE COURRIEL AUX FRANCOPHONES !

L’anglais E-mail est l’abréviation de electronic mail (adresse électronique, poste électronique, courrier électronique). Il figure dans le Petit Larousse illustré et le Petit Robert, mais y est signalé comme
anglicisme. Des propositions d’équivalents francophones comme adrel ou adèle ne sont pas entrées dans l’usage.

En revanche, Courriel a été repris par de nombreux utilisateurs francophones et fait à présent l’objet de recommandations officielles. C’est un mot-valise, une contraction de « courrier électronique » d’origine
québécoise — elle-même mentionnée dans les deux dictionnaires courants précités.

Mél. a un emploi très restreint. C’est l’équivalent de l’abréviation Tél. avec le même usage (papier à en-tête, prospectus, carte de visite). On ne dit pas : Je vais te passer un tél.. Il n’y a pas davatange lieu de dire : Je vais t’envoyer un mél..

On peut d’ailleurs se passer aujourd’hui, dans l’indication d’une adresse électronique (lettre, brochure, papier à en-tête) de la mention Mél (comme d’ailleurs d’E-mail), puisque la présentation particulière toto@fournisseur.com est très largement reconnue.

La dénomination officielle est « adresse, message, messagerie
électronique » (selon les emplois). Elle ne s’applique obligatoirement, en France, qu’aux administrations publiques (loi du 4 août 1994), mais il n’y a pas d’usage francophone fixé.

Les verbes « émailler », « mailer » ou « mailler » (avec le sens d’envoyer un courrier électronique) doivent être proscrits.

Détails :

 09. Espaces et signes de ponctuation

EN UN MOT :
« UNE ESPACE ADAPTÉE EMPÊCHE LES MAUVAIS RETOURS. »

Dans une date abrégée, le trait d’union séparateur n’est pas suivi d’espace (on écrit : « 31-7-89 » pour indiquer le 31 juillet 1989).

En français, les signes de ponctuation sont suivis d’« une » espace, sauf dans quelques cas (avec une parenthèse fermante par exemple !).

La composition typographique et la P.A.O. distinguent quantité d’espaces, dont les espaces fines (toujours insécables) et les espaces justifiantes. Les logiciels les plus courants ne permettent pas de créer (ou de lire) des espaces fines, hormis certains d’entre eux généralement destinés aux métiers de l’édition.

On s’en tiendra donc ici à la distinction entre l’espace « ordinaire » (celle qu’on obtient avec une simple frappe de la « barre d’espacement » du clavier) et l’espace « insécable » qu’on peut utiliser avec les logiciels
les plus courants de bureautique ou de communication électronique.

L’espace insécable avant certains signes permet d’éviter cette monstruosité qu’est leur rejet au début de ligne suivante. On l’insèrera (en lieu et place de l’espace ordinaire) devant les signes suivants : deux-points, point-virgule, point d’exclamation, point d’interrogation.

On place également une espace insécable après un guillemet français ouvrant (« ) et avant le guillemet fermant ( »), ainsi qu’entre les tirets longs.

Certains logiciels de traitement de texte ou de PAO gèrent automatiquement les espaces insécables. Mais, pour des raisons techniques qu’il n’est pas utile de détailler ici, le copier-coller fait disparaître les espaces insécables au profit d’espaces « ordinaires ». Il faut alors les replacer « à la main ».

Vous pouvez l’obtenir l’espace insécable en tapant :

  • [Alt] 0160 (Windows - utiliser les chiffres du clavier numérique) ;
  • [option] [barre d’espace] (Macintosh) ;
  • [Alt] 255 (OS/2) ;
  • [composer] [espace] [espace] (Unix).

L’espace insécable est également très aisée à insérer pour les utilisateurs de Windows qui ont installé le gestionnaire de clavier de Denis Liégeois (voir les renvois à la fin de la section 1 de la FAQ
consacrée aux capitales accentuées).

Détails sur l’orthotypographie française :

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