Côté : « aux côtés » ou « au côté » de...?

Comment écrire « au(x) côté(s) de » (et de même : « à son/ses/ votre/vos côtés » ? On peut chercher la logique, la différence entre... mais l’usage est plus variable. « Son fils est à ses côtés », écrit l’Académie (Dictionnaire, 9e éd., 1994).

Question-Réponse

Question. — Pourriez-vous, s’il vous plaît, m’indiquer si au côté de (tel qu’il est écrit dans le texte que je suis en train de corriger) est correct, ou s’il faut mettre aux côtés de  ? Voici la phrase :

« Ces derniers, au côté de l’autorité militaire, avaient pourtant été médaillés de la Légion d’Honneur. »

Girodet note que les deux graphies sont admises, mais recommande d’employer le singulier au sens propre (il est vrai qu’on est rarement aux deux côtés d’une même personne à la fois. Au sens figuré, il indique que le pluriel est plus fréquent avec cet exemple :
Ce pays entra en guerre aux côtés des Alliés.

L’analyse est la même chez Jean-Paul Colin (Dictionnaire des difficultés du français, éd. Le Robert), tandis que Jouette se borne à mentionner les deux graphies. Distinction encore entre emplois au sens propre et au sens figurés dans le Trésor de la langue française informatisé (article « côté », III, 2, d) :
« On rencontre d[ans] la docum. au(x) côté(s) de, loc. prép. Auprès de. Marcher au côté d’une jolie fille (Montherlant, les Jeunes Filles, 1936, p. 1023). Au figuré. Combattre aux côtés de. Pour demeurer belligérants aux côtés des Alliés (De Gaulle, Mémoires de guerre, 1954, p. 482). »

Grevisse et Goosse (Le Bon Usage, 15e éd., § 515, g) indiquent que l’emploi de aux côtés de (quelqu’un) a paru illogique à divers observateurs, sauf, indiquent-ils en remarque lorsque cela concerne plusieurs personnes (avant ou après la locution prépositive aux côtés de. Pour autant, le Bon Usage relève que l’emploi du pluriel est un usage ancien en citant trois exemples empruntés à Racine (Esther, I, 3 : Moy-mesme sur son [= du roi] thrône à ses costez assise), à La Fontaine et même, le Dictionnaire de l’Académie (Je le vis qui marchoit à son costé, à ses costez dans l’édition de 1694 — « Exemple gardé, notent les auteurs, jusqu’en 1878, avec de petites variantes ».).

De fait, on trouve aux côtés de avec ses variantes (à ses côtés, à vos côtés), appliqué à une personne seule, chez Stendhal, Balzac, Edmond de Goncourt, Mauriac (Ac. fr.). Au côté de est signalé comme plus rare chez Flaubert, Montherlant (Ac. fr.), Marguerite Yourcenar (Ac. fr.), Philippe Claudel, Sartre, Edmond et Jules de Goncourt (comme souvent, de mêmes auteurs peuvent user de diverses variantes graphiques).

Quant au Dictionnaire de l’Académie française, sa 9e édition (1994) rejoint somme toute l’analyse du Bon Usage (dans la vedette « côté », I) :
« Expression. Être au côté ou, plus fréquemment, aux côtés de quelqu’un, lutter côte à côte avec lui, l’assister dans un combat et, [au figuré]., lui apporter son soutien. À mes côtés , ne restaient que quelques amis. Par affaiblissement de sens : Son fils est à ses côtés, se trouve auprès de lui. Venez vous asseoir à mes côtés.

Conclusion : employer systématiquement aux côtés de (et ses variations à mes/tes/ses/nos/vos/leurs côtés est licite au regard de l’usage et de la norme. Au côté de est également tout à fait licite (et logique) dès lors qu’il s’agit d’une personne se plaçant au sens propre, physique du terme, à l’un des côtés d’une autre personne.

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