Beaux-parents (emploi de « beau »)

Beau, en lien avec un mot relatif à la parentalité, s’est développé à partir du Moyen Âge pour désigner une relation proche (même avec ses propres enfants).

Questions & débats (septembre 1999)

Jacques Rouillard (JR) (16.09.1999). — D’où sortent le beau/belle de beau-fils, belle-fille, belle-mère ? Un rapport quelconque avec a beau mentir qui vient de loin et il a beau dire et beau faire ?

Félix (16.09.1999). — Belle-mère, certes, mais gendre et bru.

Jean-Claude Lagarde (16.09.1999) )

  • Beau-fils : beau est ici un terme d’affection qui, se disant très souvent dans le Moyen Âge quand on s’adressait à des personnes qu’on aimait — bele suer, bele amie, biaus dous fils, etc. — s’est attaché, dans la langue nouvelle, aux termes de parenté par alliance. Saint Louis disait à son fils : Biau filz, la premiere chose que je t’enseigne, c’est que tu mettes ton cuer en amer Die (JOINVILLE, éd. Fr. Michel, p. 236).

    L’ancienne langue disait fillastre pour beau-fils, marastre pour belle-mère, parastre pour beau-père ; mais la finale astre ayant pris décidément un sens péjoratif, la langue s’est sentie inclinée à chercher une périphrase, et elle l’a trouvée dans l’usage ancien qui faisait de beau un terme d’affection, surtout entre parents.
  • Beau-frère — L’ancienne langue disait sororge ou serorge, de sororius.

Luc Bentz (15.09.1999)

« Dès le Xe siècle, sémantiquement affaibli et indéterminé, beau est employé comme terme flatteur à l’adresse d’une personne estimée (vers 980), usage qui explique son rôle dans la formation de termes de parenté beau-père, beau-frère, etc. » (Robert historique).

J’en profite pour préciser que bru (1160-1174) est issu du bas-latin des balkans brutis (=belle-fille). Ce terme a été introduit par les Goths au IIIe siècle et a supplanté le latin nurus. Bru serait apparenté au gothique bruths (jeune mariée : cf. l’anglais bride).

Quant à gendre (1130), il vient de generum, accusatif du latin gener (mari de la fille), de la famille de gignere (=engendrer).

Mes amitiés à madame votre belle-mère.

Jacques Rouillard (15.09.1999). — Je vous la donne. Et donc, il a beau dire et a beau mentir, c’est flatteur aussi ?

Luc Bentz (17.09.1999). — C’est l’art de l’antiphrase.

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