Auto (mots composés avec)

Les composés avec auto sont soudés (automobile) quand il n’y a pas de risque de confusion (auto-induction). Il y a parfois des différences dans les cas où il y a un simple hiatus :

Questions & débats (février 2000)

Laurent Carbonnet (17-2-2000). — Y a-t-il une règle du trait d’union, quand faut-il (ou non ) en mettre ? Notamment pour ces mots composés avec le préfixe auto qui sont souvent utilisés « techniquement » (en sociologie par exemple) comme auto-contrôle ou auto-surveillance.

Dans le dictionnaire (Larousse du XXe siècle, 1928), les mots avec le préfixe auto sont orthographiés avec ou sans trait d’union sans que j’en saisisse la raison. Ma petite grammaire ne m’a pas fait avancer : à trait d’union (qui sert à réunir plusieurs mots en un seul), il est dit, pour chaque exemple, que la tolérance (arrêté ministériel du 28 février 1901, il est devenu facultatif) est applicable.

Luc Bentz (20-2-2000). — L’arrêté Leygues de 1901 avait été abrogé par l’arrêté Haby de 1976. Mais il ne s’agissait que de tolérances aux examens et concours (autrement dit de « fautes » non sanctionnables dans la notation, mais pas d’alternatives au « bon usage »).

Certaines langues comme l’allemand ou l’anglais (souvent) procèdent par agglutination : les mots sont « collés » les uns aux autres, sans séparateur. En français, on a pu fabriquer des mots en utilisant le trait d’union. On a tendance, aujourd’hui, soit à créer des formes agglutinées (ce qui est recommandé, car cela simplifie grandement les problèmes ultérieurs d’accord), soit à laisser des blancs.

La 9e édition du Dictionnaire de l’Académie (1992) laisse soudés les composés avec auto (autoclave, autodéfense,...) SAUF s’il y a hiatus (auto-allumage et non °autoallumage, auto-accusation et non °autoaccusation, auto-intoxication et non °autointoxication).

Dans le cas particulier d’auto, on soudera directement les deux termes sauf si la première lettre du deuxième terme de la composition est une voyelle. La création de termes avec auto est relativement récente. Cela peut expliquer la visibilité de la construction (avec trait d’union) dans votre Larousse de 1928... La stabilité de la graphie du français depuis la première édition du Dictionnaire de l’Académie est une... auto-invention.

Stéphane Lamek (22-2-2000). — Au grand dam de l’Académie, le dernier Petit Robert soude les éléments préfixés, même quand la première lettre du deuxième terme de la composition est une voyelle. Le trait d’union était mal venu, expliquent Josette et Alain Rey à la page XVI, puisqu’il ne joignait pas deux mots.

Le préfixe auto ne fait pas exception (autoaccusation, autoadhésif, autoallumage, autoérotique, autoexcitateur, etc.) sauf là où le digramme oi et le trigramme oin pourraient être mal interprétés. On a en effet auto-immunisation, auto-infection, etc., là ou on aurait pu avoir « autoïmmunisation », « autoïnfection », etc., comme on a coïnculpé... Mais c’est un autre débat.

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