Apostrophe ou trait d’union ?

Faut-il plutôt que le fautif °faut’il, y a-t-il plutôt que le fautif °y a-t’il... mais va-t’en ! Voici comment ne pas commettre d’erreur entre apostrophe et trait d’union.

Question par courriel

Je lis de plus en plus : le chat mange-t’il la souris ? ou encore faut’il.... Ça ne me paraît pas très juste, j’avais appris Le chat mange-t-il la souris ? : des tirets partout et pas d’apostrophe. Avez-vous la réponse ?

Réponse

C’est vous qui avez raison. L’apostrophe est un signe d’élision (une voyelle qui a sauté) : l’épicier (pour °le épicier). On peut la rencontrer dans les pronoms : il te regarde, mais il t’écoute ; il la mange, mais il l’avale.

Le t de mange-t-il ? n’est pas l’élision du pronom te, mais un simple t euphonique pour éviter un hiatus entre le e de mange et le i de il.

Dans Encore faut-il, c’est une inversion (il faut > faut-il ) qui est marquée par le trait d’union et non l’apostrophe.

Quelques exemples
phrase déclarative
phrase interrogative
commentaire
Il y a... Y a-t-il...? trait d’union de part et d’autre du t euphonique
Il a fait, dit... A-t-il fait, dit... ? trait d’union de part et d’autre du t euphonique
Elle chante Chante-t-elle ? Attention au pluriel :

Elles chantent > Chantent-elles ?

Le t étant présent dans le verbe, pas la peine d’en rajouter !

Il faut Faut-il Le t est déjà présent dans le verbe : cf. ci-dessus.

Complément : « Va-t’en ! »

Il faut se méfier des cas dans lesquels le t est bien le pronom te élidé. Comparez ces phrases :

  1. Je m’en vais. (je vais... moi hors d’ici [en].)
  2. Il s’en va.
  3. Tu t’en vas.

Mettons les phrases à l’impératif. Aïe ! Impossible pour les phrases n° 1 et n° 2 ! On utilise le subjonctif et le pronom :

  1. Que je m’en aille !
  2. Qu’il s’en aille !

Mais, à la deuxième personne, on a droit à l’impératif :

3. Va-t’ en !

Et d’ailleurs, au pluriel, on aurait bien :
Allez-vous-en ! CQFD

Vous n’est pas élidé : pas d’apostrophe !

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