Abréviations latines

Ibid., op. cit. : ces abréviations mystérieuses vous ont peut-être surprises Mesdames, surpris Messieurs. N’hésitez plus ! La question a été posée pour vous. Nous vous livrons à la fois les réponses et le commentaire qui les complète.

Questions & débats (novembre 1999)

Patrice Gabin (04.11.1999). — Pardonnez-moi, mais quelqu’un peut-il me donner la signification et les règles d’utilisation des abréviations latines op. cit., loc. cit., id., ibid., et al., etc., que l’on rencontre dans les références bibliographiques figurant en bas de page de certains ouvrages.

Jean-Claude Lagarde (05.11.1999). — I.L.I.I. : intelligens lector ipse intellegarit [1]... Dans notre pays si cultivé, si républicain, on a perdu l’habitude d’écrire pour n’être pas compris. Mais aussi changer de langue, parler latin, c’est prendre ses distances par rapport à une partie du texte, traiter ce qu’on a fait comme une donnée (ce n’est qu’exacerber le style de la langue anglaise, bien adapté au calcul propositionnel, et qui se méfie des synthèses).

Jean-Pierre Lacroux (04.11.1999)

  • op. cit. : opere citato, ouvrage cité
  • loc. cit. : loco citato, passage cité
  • id. : idem, le même
  • ibid. : ibidem, au même endroit
  • et al. : et alii, et d’autres
  • etc. : et cætera, et les autres choses (oui, je sais, ce n’est pas bien malin...)
    • Michel Guillou (04.11.1999). — Bravo pour la ligature. Pardonnez-moi de relancer, mais la réponse m’intéressait. Votre honorable correspondant vous interrogeait sur le sens, certes, mais aussi sur les règles d’utilisation de ces abréviations. Pouvez-vous nous en dire un mot ? Ou, encore une fois, quel usage en faites-vous ?
    • Jean-Pierre Lacroux (05.11.1999). — Pas simple... Faut trier... Quand c’est possible, il est bon d’éliminer les op. cit. et les loc. cit., qui dans les ouvrages destinés à un public hétérogène sont aujourd’hui des brevets de pédanterie et parfois de fausse science. (Oublions les op. laud. et les loc. laud....)

      Je tente de montrer, souvent en vain, que ouvr. cité est meilleur. Pourquoi ? Eh bien, parce qu’il s’agit d’abréviations au sens strict et que celles-ci ont une caractéristique : à la différence des sigles et des acronymes, elles sont uniquement graphiques... Leur forme développée devrait être lue (et immédiatement comprise)...

      Des lecteurs respectables sont perturbés par ces hop cite, loque cite. Même problème (en plus comique) avec sq., sqq. (p. suiv.). Bien qu’elles soient conventionnelles (et d’usage courant dans des cercles étroits), ces abréviations devraient être « traduites » dans la table des abréviations. Le cas de et al. offre une stupidité supplémentaire. Qu’abrège-t-on ? Et alii... Gain ? Un signe... et pas bien large. Si l’on tient aux grigris latins, la forme complète est préférable.

      Id. et ibid. sont suffisamment connus (et utiles...) pour être employés sans restriction (dans les notes, les parenthèses bibliographiques, les annexes, etc.).

      Le cas de i. e. a aussi été évoqué... Lui, il combine toutes les tares... Dans le genre, e. g. n’est pas mal non plus... L’amusant dans cette affaire... c’est que les gros utilisateurs d’abréviations pédantes (qui ne font gagner que quelques signes) sont souvent des spécialistes de la redondance, du pléonasme, de la répétition pesante, toutes choses qui font perdre des milliers de signes... Il faut bien que chacun ait son hochet et que vieillesse se passe.

Notes

[1Le lecteur intelligent comprend de lui-même.

Partager

Imprimer cette page (impression du contenu de la page)